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12 Décembre 2019 | 14, Kislev 5780 | Mise à jour le 11/12/2019 à 17h51

Rubrique Communauté

François Douïeb nous a quittés

François Douïeb (DR)

Il avait fondé le restaurant « Chez Douïeb » à Montmartre à la fin des années 50. François Douïeb est décédé le 23 octobre à l’âge de 92 ans.

C’était un pilier du IXe arrondissement de Paris et son restaurant, une institution avec ses plats juifs tunisiens typiques : sandwichs, pâtes à la sauce, fricassés, bricks, couscous. Dans son restaurant, il avait ouvert en même temps une épicerie et une pâtisserie, un concept précurseur dans le Paris de la fin des années 50. Repris depuis.

François Douïeb était né en 1927 dans une fratrie de huit enfants dont il était le cadet. Tailleur en Tunisie, il continue cette activité à son arrivée en France en 1956 mais il ouvre aussi un restaurant à Belleville. « Après ce restaurant qui s’appelait Le Bosphore, il avait ouvert Chez Douïeb dans le IXe. Ça lui prenait tellement de temps qu’il a mis, alors, son activité de tailleur à côté », explique Laurent Douïeb, son fils. 

Ce restaurant « c’était son bébé », raconte son fils. « Il était heureux de permettre à ses coreligionnaires de pouvoir manger casher et de leur offrir une ambiance typique de la Tunisie que beaucoup d’entre eux avaient été contraints de quitter. Chez Douïeb a marché rapidement. Il était fier que les habitués nostalgiques s’y retrouvent pour manger et de faire découvrir les plats tunisiens à ceux dont ce n’était pas la cuisine ».

Entraîné par le succès, il se lance dans les années 60 dans la fabrication de boutargue d’abord associé à Elie Memmi, puis les deux hommes se séparent pour lancer chacun leur production. François Douïeb a son usine à Belleville. C’est aussi un homme généreux. « Mon père aimait aider les autres, il disait toujours oui quand on venait lui demander. Lui et le hessed c’était quelque chose qu’il faisait de façon discrète ». Ainsi lance-t-il, dans les années 50, les premiers colis alimentaires de Pessah. « Mon père les préparait et il les distribuait ». 


Son restaurant, une institution


Bon vivant, jovial, François Douïeb formait avec son épouse un « couple fusionnel. Ils étaient ensemble depuis l’âge de 16 ans. Quand ma mère nous a quittés en 2013, sa santé s’est dégradée ». Ils étaient les parents de cinq enfants, dont Laurent, et plusieurs fois grands-parents et arrière-grands-parents. 

Sur le quartier qui changeait, François Douïeb parlait peu. « Il en était conscient mais il n’en disait pas grand chose et quand on l’interrogeait mes frères et moi, il écartait le sujet. Je crois que ça le rendait triste ». Chez Douïeb est géré par ses fils aujourd’hui… et l’histoire continue. 

Les prières du mois auront lieu le jeudi 21 novembre à 16h45 dans la synagogue du rav Berdah, 4 rue Saulnier dans le IXe arrondissement.

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