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12 Décembre 2019 | 14, Kislev 5780 | Mise à jour le 11/12/2019 à 17h51

Rubrique Israël

Nicole Farhi : En Israël, l’accès à l’enseignement supérieur est un droit fondamental

(DR)

Les perspectives de la semaine par Nicole Farhi, directrice des programmes d’intégration au Collège Académique de Netanya.

Aujourd'hui, des centaines de jeunes olim de France rêvent d'études et de carrières performantes sans pouvoir y accéder, freinés par l'hébreu, le bac, le test psychométrique et le coût des études. Il est urgent que les autorités israéliennes et le Misrad Haklita adoptent une politique d’urgence, adaptée aux besoins des jeunes issus de l’Alyah française des années 2010…

Quels que soient leurs parcours, qu'ils viennent d'un bac français ou israélien, de l'armée ou du shirout leumi, d’un programme massa, d'un volontariat, d'une yeshiva ou d'une midracha, ces jeunes gens, issus d’horizons les plus différents, sont découragés par le fossé séparant leurs rêves des exigences des universités, par la crainte de ne pas être à la hauteur ou de ne pouvoir faire face au coût des études.

La désinformation règne et nourrit leur incapacité à bien comprendre la complexité de l’éducation supérieure en Israël, de sa très grande diversité et des réelles opportunités qui existent. Ils ignorent notamment que certaines « Mihlalot academaiot » (collèges  académiques) offrent des conditions d'admission plus souples, sans test psychométrique et des soutiens pédagogiques et financiers leur offrant toutes les chances de réussir.

Il est clair que les diplômes académiques restent en Israël des passeports garants du niveau et du sérieux du candidat à l’emploi, assurant l’accès à tout travail un tant soit peu qualifié et des perspectives de promotion au sein de l’entreprise ou de l’organisation. 

Ce qui reste incontournable pour les jeunes Israéliens l’est d’autant plus pour des jeunes olim : la durée des études constitue pour eux un temps nécessaire à renforcer et mûrir leur intégration dans la société israélienne, à maîtriser un hébreu de haut niveau, à tisser des relations avec des jeunes Israéliens venus de partout, et bien sûr à acquérir des compétences et des savoirs validés par un diplôme reconnu en Israël et à l’international.

Encore faut-il que les autorités prennent les mesures nécessaires pour faciliter les choses. Ce qui a été très justement fait pendant des dizaines d’années par l’Etat avec les jeunes Ethiopiens et également dans le cadre d’une mesure d’urgence avec les jeunes olim du Caucase et de Russie orientale, qui ont bénéficié de financement des études et de soutiens sociaux privilégiés, doit absolument et immédiatement être autorisé à l’Alyah de France. 

Je veux notamment parler du financement de la totalité du coût des études pour les jeunes olim arrivés en Israël depuis au moins 10 ans, d’une bourse de vie permettant aux étudiants de subvenir à leurs besoins et d’un soutien pédagogique suivi tout au long des études, de mekhinot et programmes préparatoires pour tous y compris les passerelles aux études pour les jeunes qui ont décroché en Première ou Terminale.

Ces mesures d’urgence sont indispensables pour opérer un véritable changement !

Il est impensable que tant de jeunes olim doués d’un réel potentiel doivent se contenter de courtes formations  professionnelles ou de jobs non qualifiés « provisoires » qui les éloignent définitivement du savoir et des chances d’une véritable intégration culturelle, sociale et économique en Israël.

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