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12 Décembre 2019 | 14, Kislev 5780 | Mise à jour le 11/12/2019 à 17h51

Rubrique Israël

Le chef du Jihad islamique abattu : Une seule cible pour éviter la guerre

(Flash90.)

En éliminant un chef terroriste à Gaza, Israël veut reprendre la main. Reste à savoir si le Hamas comprendra le message.

Baa Abou Al Ata était depuis longtemps un condamné en sursis. Le chef du Jihad islamique pour le nord de la Bande de Gaza était responsable des tirs de roquettes qui ont frappé l'ouest du Néguev au cours des derniers mois. Si son organisation, inféodée à l'Iran, ne suivait pas les consignes du Hamas, Al Ata ne suivait même pas celles de sa propre hiérarchie et tirait sur Israël quand il en avait envie.

Pour la défense israélienne, le terroriste était devenu une menace qu'il fallait neutraliser, indépendamment de la trêve précaire avec le Hamas. D'autant qu'Abou Al Ata préparait une attaque qui devait comporter aussi une infiltration terroriste en Israël. Le principe de son élimination avait été validé par le cabinet de sécurité dix jours plus tôt. Il fallait juste attendre le moment favorable. La traque constante a fini par aboutir dans la nuit du 12 novembre. L'aviation de Tsahal a tiré un missile par une fenêtre d'un immeuble de Sajayiah, tuant le terroriste et sa femme.

La riposte du Jihad islamique ne s'est pas fait attendre. A peine une heure plus tard, les roquettes commençaient à frapper l'ouest du Néguev, pour s'étendre jusqu'à Tel-Aviv. Tsahal s'était préparé à la riposte. Le commandement  de la défense civile a placé tout le sud d'Israël, région de Tel Aviv comprise, en état d'alerte. Des batteries de défense aérienne ont été déployées et ont intercepté la plupart des roquettes qui menaçaient des zones habitées.

Ce qui distingue cet épisode des précédents cycles de violence, c'est d'abord que l'initiative vient d'Israël et qu'elle avait une seule cible. Tsahal a d'ailleurs fait passer un message au Hamas peu après le raid : il ne s'agit pas d'une reprise des éliminations ciblées, indiquait-on en substance du côté des forces de sécurité israéliennes. Parallèlement, l'aviation israélienne a apparemment effectué une autre frappe, presque au même moment, mais cette fois à Damas, contre le numéro 2 du Jihad islamique. Il s'agit donc bien d'une opération visant l'organisation terroriste.


Comme à chaque escalade, tout se joue dans les premières 24 heures

Comme à chaque escalade, tout se joue dans les premières 24 heures. D'abord un pic de tirs de roquettes, riposte du Jihad islamique. Ensuite, la réponse ciblée de Tsahal qui n'a visé que l'organisation pro-iranienne. Le Hamas promet de venger la mort d'Abou Al Ata, mais il n'est pas certain qu'il passe à l'acte, car son intérêt politique est plutôt de maintenir la trêve, ou en tout cas de garder le contrôle des poussées de fièvre. Et surtout de ne pas se laisser dépasser par l'organisation palestinienne rivale. Le problème est que le Jihad islamique dispose d'un arsenal de roquettes suffisant pour menacer les principales villes du centre d'Israël et même au-delà. Il a donc aussi les moyens de poursuivre l'escalade et d'y entraîner aussi bien Israël que le Hamas. Le Premier ministre et le chef d'état-major israéliens ont été clairs : « Nous ne voulons pas l'escalade. Mais nous sommes prêts ».

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