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12 Décembre 2019 | 14, Kislev 5780 | Mise à jour le 11/12/2019 à 17h51

Rubrique Israël

Quel avenir pour l'UNRWA ?

(wikipedia)

Déjà frappée par une crise financière à la suite de la suppression des subventions américaines, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens traverse aussi une crise morale.

L'Organisation des Nations unies a récemment entamé le processus de renouvellement du mandat de l'UNRWA, qui devrait être approuvé sans difficulté le mois prochain par l'Assemblée générale, grâce à sa « majorité automatique ». Pourtant l'agence se trouve actuellement en position difficile après la démission de son chef Pierre Krähenbühl. 

L'UNRWA, l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, a été créé en décembre 1949. Son but était de répondre aux besoins essentiels des réfugiés palestiniens en matière de santé, d'éducation, d'aide humanitaire et de services sociaux. A l'origine, l'UNRWA avait une vocation temporaire et devait œuvrer à la réinsertion des Palestiniens déracinés dans les pays qui les accueillaient. Mais son mandat s'est prolongé pendant 70 ans, pérennisant le problème palestinien. 

Contrairement aux autres populations de réfugiés, les Palestiniens sont les seuls à ne pas dépendre du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). C'est également la seule communauté où le statut de réfugié se transmet de père en fils, alors qu'ailleurs, il est réservé aux personnes déracinées et ne peut être transmis à leurs descendants. 

La gestion de L'UNRWA est particulièrement dispendieuse puisqu'elle emploie quelque 30 000 personnes – presque toutes palestiniennes – pour une population de réfugiés évaluées à un peu plus de 5 millions d'individus, alors que le HCR se contente d'un effectif de 11 000 personnes pour 17 millions de réfugiés. 

De plus, la séparation entre l'humanitaire et le politique n'est pas aussi nette qu'on pourrait l'espérer. L'UNRWA compte ainsi au sein de son personnel des membres du Hamas, dont certains ont, par exemple, caché des armes dans des écoles de l'agence à Gaza. 

Le rôle politique joué par l'UNRWA et sa contribution à la pérennisation du problème palestinien ont conduit l'administration Trump à adopter une mesure radicale : les Etats-Unis ont mis fin en 2018 à leur aide financière annuelle de 300 millions de dollars à l'UNRWA, plongeant ainsi l'agence dans une crise financière sans précédent. 

La situation s'est aggravée par suite d'un rapport interne à l'agence, qui contient des accusations « d'agissements à caractère sexuel inappropriés, népotisme, représailles, discriminations et autres abus d'autorité » de la part d'un petit groupe de hauts responsables. Transmis aux responsables de l'ONU en décembre 2018, ce rapport est resté secret jusqu'en juillet 2019, date à laquelle de larges extraits de son texte ont paru dans la presse. 

Ce rapport a conduit la Suisse et les Pays-Bas à suspendre leurs contributions à l'UNRWA dans l'attente d'éclaircissements. Il a aussi conduit le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, à suspendre, débute novembre, le Suisse Pierre Krähenbühl, de ses fonctions de commissaire général de l'UNRWA. Ce dernier a répliqué quelques heures plus tard en présentant sa démission. 

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