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12 Décembre 2019 | 14, Kislev 5780 | Mise à jour le 11/12/2019 à 17h51

Rubrique Israël

Front sud : les deux têtes de Gaza

Les soldats de Tsahal, positionnés à la frontière de Gaza, prêts à répliquer aux attaques palestiniennes. (Flash90.)

Le pari israélien de laisser le Hamas en dehors du dernier cycle de violence à Gaza a fonctionné. Mais il n'a pas mis le Jihad islamique hors circuit.

Tsahal a pu mener son action contre le Jihad Islamique sans entrainer une confrontation générale avec les organisations terroristes. Le bilan de deux jours d'hostilités s'est soldé côté israélien par  450 roquettes tirées contre des cibles civiles, mais qui n'ont fait que des blessés légers et des dégâts matériels. Il faut dire que les batteries Dôme de Fer de défense aérienne ont de nouveau démontré leur efficacité en interceptant 90% des tirs qui menaçaient directement des zones habitées. 

Côté palestinien, le Jihad islamique a perdu avec son chef pour le nord de la Bande de Gaza 25 autres membres de sa branche armée, tous abattus par l'aviation de Tsahal, alors qu'ils venaient ou s'apprêtaient à tirer leurs roquettes contre Israël. Les forces israéliennes ont également détruit des infrastructures de l'organisation terroriste, telles que des manufactures, entrepôts d'armes, et d'autres infrastructures du Jihad islamique. Le tout avec une précision quasi-chirurgicale, même si l'on déplore la mort de dix civils non combattants.

Sur le plan tactique,  Israël a tenté une nouvelle approche du conflit, en donnant une chance au Hamas de faire office d'élément modérateur dans la Bande de Gaza, en faisant comprendre à l'organisation islamiste ce qu'elle avait à perdre en entrant dans la confrontation. Une conception qui peut toutefois se révéler à double tranchant. Le Hamas pourra en effet arguer par la suite, qu'il ne peut pas contrôler tout ce qui se passe dans le territoire autonome et ainsi laisser d'autres groupes terroristes faire à sa place la guerre contre Israël. 

Cela signifie aussi qu'Israël opte, en tout cas à ce stade, pour le pragmatisme face à Gaza. Laisser le Hamas gouverner le territoire côtier lui semble préférable à un affrontement qui impliquerait une opération terrestre pour venir définitivement à bout de l'organisation islamiste qui tient l'enclave depuis douze ans. Le Hamas peut ainsi escompter de nouvelles concessions en échange d'une trêve de plus longue durée, qui apporterait de l'oxygène à son économie. Davantage de travaux d'infrastructures, de circulation de marchandises, de permis de travail pour des Gazaouis en Israël pourraient être certains des avantages que le Hamas pourrait obtenir, par l'intermédiaire de l'Egypte, avec qui ses relations se sont par ailleurs considérablement améliorées. 

Cela permettrait à Israël de se consacrer de nouveau à la menace iranienne sur son front nord, sans avoir à distraire ses forces et ses effectifs vers le sud. Ce qui est d'ailleurs sa ligne constante depuis maintenant plusieurs années. Si le Jihad islamique palestinien est bien un poste avancé de l'Iran au sud d'Israël, il reste considéré comme un risque de moindre gravité, comparé par exemple au Hezbollah. Il est d'ailleurs assez probable que l'organisation n'ait pas pris ses ordres de Téhéran avant de tirer ses roquettes sur Israël la semaine dernière. 

Sur le fond pourtant, rien n'est réglé. La mécanique de chantage des organisations de Gaza qui consiste à attaquer ou à paralyser des régions entières d'Israël pour le contraindre à des concessions, n'a pas été neutralisée. Elle a seulement été dédoublée.

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