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12 Décembre 2019 | 14, Kislev 5780 | Mise à jour le 11/12/2019 à 17h51

Rubrique Israël

Formation du gouvernement : Dernière ligne droite

Benny Gantz, leader du parti Bleu Blanc, est chargé de former le nouveau gouvernement. (Flash90.)

A l'heure où nous mettons sous presse, il reste moins de 24 heures à Benny Gantz pour constituer un gouvernement et différents scénarios demeurent possibles.

Voilà près d'un an, depuis la dissolution de la Knesset en décembre 2018, que la direction du pays est paralysée. Des lois déjà adoptées sont bloquées, tout comme le budget de l'Etat et la nomination du commandant en chef de la police. Pourtant, aucune solution viable ne semble se profiler à l'horizon. 

   Chargé le 23 octobre par le président Rivlin de tenter de former un gouvernement, le leader du parti Bleu Blanc, Benny Gantz, paraît avoir échoué dans ses efforts puisqu'aucune percée ne se dessinait à la veille de   la fin de son mandat, prévue pour le 20 novembre à minuit. 

   Il n'a pas réussi à constituer le gouvernement d'union nationale que beaucoup d'Israéliens appellent de leurs vœux car il rejette les exigences du Likoud, qui refuse de se séparer de ses alliés religieux et demande que M. Netanyahou soit le premier à occuper le poste de chef du gouvernement, dans le cadre d'une rotation.

   La seconde option qui s'offrait à M. Gantz était la constitution d'un gouvernement minoritaire soutenu de l'extérieur par les treize députés de la Liste arabe unie. La base de sa coalition serait constituée de 44 parlementaires : Bleu Blanc, (33) les travaillistes (6) et le Camp démocratique-Meretz (5). Il espérait pouvoir compter sur le parti Israël Beteinou (8 députés) d'Avigdor Lieberman, mais ce dernier s'entête à prôner un gouvernement d'union nationale. De plus, il est peu probable que cet homme de droite accepte de siéger dans un cabinet soutenu par les Arabes même s'il a refusé d'exclure cette possibilité.

   Si Benny Gantz ne parvient pas à former une coalition avant la fin de son mandat, les députés auront 21 jours pour proposer au président le nom d'un autre élu qu'ils jugent capable de rallier une majorité. Si cette dernière tentative échoue, la Knesset sera automatiquement dissoute et les Israéliens seront appelés aux urnes pour la troisième fois en moins d'un an. 

Existe-t-il encore un espoir d'éviter ce scénario catastrophe ?  

Le salut pourrait venir d'Avigdor Lieberman, l'homme qui a fait échouer la formation d'un gouvernement de droite après les élections du 9 avril et qui s'entête depuis lors à exiger la constitution du cabinet libéral d'union nationale. Après avoir rencontré Benny Gantz à plusieurs reprises et négocié avec lui, il commence à manifester son impatience et à explorer d'autres pistes. 

Il a déclaré le 18 novembre que si les deux grands partis ne parvenaient pas à s'entendre jusqu'au 20 novembre à midi ce serait « chacun pour soi ». 

Et il a commencé à mettre cette menace à exécution en rencontrant Binyamin Netanyahou dans une ambiance apaisée, à deux reprises. Les deux hommes auraient discuté des différentes options.

Les deux grands partis pourraient se rapprocher in extremis pour former le gouvernement d'union qu'ils n'ont pas réussi à constituer au cours des derniers mois. On a appris le 19 novembre que le Likoud et Bleu Blanc menaient, depuis quelques jours, en coulisses des conversations sérieuses et que les deux formations pourraient finalement parvenir à une entente avant ou après la fin du mandat de Benny Gantz. Leurs deux leaders se sont entretenus  le 19 novembre dans la soirée.

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