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12 Décembre 2019 | 14, Kislev 5780 | Mise à jour le 11/12/2019 à 17h51

Rubrique Israël

Une journée pas comme les autres

(Flash90.)

Pour la première fois depuis 1948, deux candidats successifs ont dû renoncer à former un gouvernement et le président Rivlin a été contraint de se tourner vers la Knesset qui dispose de trois semaines pour désigner un candidat capable de constituer une coalition, faute de quoi, de nouvelles élections devront être organisées.

Comme si cela ne suffisait pas, pour la première fois dans l'histoire d'Israël, un Premier ministre en exercice a été inculpé dans trois affaires de fraude, abus de confiance et corruption, les dossiers 1000, 2000, 3000. La publication de ces charges a fait monter le ton du débat public et le sentiment de malaise dans l'opinion. 

Premier acte : le président Rivlin a annoncé officiellement au président de la Knesset, Youli Edelstein, que Benny Gantz, leader du parti Bleu Blanc, ayant échoué dans ses efforts pour former un gouvernement, c'était maintenant au tour de la Knesset d'œuvrer à la constitution d'une coalition. 

Si, au cours des trois prochaines semaines (21 jours), 61 députés apportent leur soutien à l'un des leurs et le chargent de constituer un gouvernement cette personne tentera de former un cabinet dans un délai de 14 jours. S'il n'y parvient pas ou si aucun candidat n'est trouvé, le pays se rendra aux urnes une fois de plus.

« Nous sommes parvenus à ce triste résultat politique après un second cycle électoral qui a été imposé aux citoyens israéliens lorsque la 21e Knesset a voté sa dissolution, a déclaré M. Rivlin. C’est une période sombre sans précédent dans l’histoire de l’État d’Israël ».

Quelques heures plus tard nouveau coup de théâtre médiatique, avec la publication par le procureur général, Avishaï Mandelblit, des trois actes d'accusations contre le Premier ministre, Binyamin Netanyahou. 

Dans la première de ces affaires, M. Netanyahou est accusé d'avoir accepté de façon illicite quelque 250 000 euros de cadeaux sous forme notamment de bijoux, de cigares et de champagne, remis par des milliardaires en échange de services. Dans le dossier 2000, il lui est reproché d’avoir proposé des avantages divers à un patron de presse contre une couverture plus favorable de son journal.

Dans l’affaire Bezeq enfin (dossier 9000), il est soupçonné d’avoir accordé des faveurs gouvernementales qui auraient rapporté des millions de dollars au patron du géant de la télécommunication et de l’Internet Bezeq, en échange d’une couverture médiatique favorable de l’un des médias du groupe, le site Walla!.

Quelques heures après la publication de ces charges, M. Netanyahou a dénoncé lors d'une conférence de presse « une tentative de coup d'Etat contre le Premier ministre ». Il a aussi appelé « à enquêter sur les enquêteurs » qui ont mené les investigations contre lui. Selon lui, « ces fausses accusations [sont] motivées par des considérations politiques ». Pour lui, « il ne fait aucun doute que tout ceci vise à [le] faire tomber ».

En réaction à cette mise en examen, son rival Benny Gantz a parlé d'un « jour très triste pour l'Etat Israël ».  

Après la publication de ces actes d'accusation, la tâche de M. Netanyahou, qui espère toujours former le prochain gouvernement malgré les épées de Damoclès suspendues au-dessus de sa tête, risque de s'avérer ardue, voire impossible. 

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