Default profile photo

12 Décembre 2019 | 14, Kislev 5780 | Mise à jour le 11/12/2019 à 17h51

Rubrique Judaïsme

Parachath Vayéra : Plus haut que le Bien

La destruction de Sodome et Gomorrhe, vue par John Martin (WIKIPEDIA)

La parachath Vayéra est une étape déterminante de l’identité juive parce qu’elle nous présente un homme que vient d’achever son adhésion au judaïsme. Avraham vient, en effet, de se circoncire. De ce fait, cette paracha peut se lire comme une introduction au judaïsme et à son fondement. Quel est ce fondement ? Pour nos commentateurs, c’est le dépassement de soi. Quatre points de la paracha mettront cette donnée en valeur.

L’adhésion à la vérité ne peut s’accommoder de la demi-mesure. Quand un homme s’engage dans une action, la plénitude de son engagement est l’indice qu’il est un homme vrai. S’il montre quelques hésitations ou si son itinéraire s’arrête à mi-chemin, c’est la preuve que sa conviction n’est pas entière. Avraham est le premier Juif et le premier homme qui sortit du cadre de sa nature pour avancer constamment vers D.ieu. On le voit déjà au tout début de la paracha lorsqu’il accueille ses invités : il court à leur rencontre, il prépare le meilleur veau, il demande à Sarah de prendre la meilleure farine. Tout s’accomplit sur un mode au-dessus de la normalité. Bien plus. Il leur propose de la viande et du lait. Or, on sait qu’Avraham pratiqua toute la Thora avant qu’elle ne fut donnée. De ce fait, comment put-il proposer un tel mélange ? Mais là aussi, il va accomplir la mitzva de la plus belle façon : pour satisfaire ses invités, c’est un choix qu’il propose : le lait ou la viande.


Etre un modèle

Dans ces deux exemples, le patriarche nous montre de quelle façon un Juif doit s’engager dans l’accomplissement d’une mitzva. Le troisième exemple de dépassement de soi révèle un enseignement d’une portée générale qui confine au fondement même du judaïsme. Le texte nous rapporte que D.ieu s’apprêtant à détruire les villes perverties de Sodome et Amora (Gomorrhe) ne voulut pas mener à bien ce projet sans, au préalable, en informer Avraham. Malgré le degré extrême d’immoralité atteint par ces villes, D.ieu souhaitait que le patriarche intervienne pour sauver leurs habitants et un verset nous en donnera la raison : « Car Je l’ai distingué afin qu’il ordonne à ses enfants…de garder la voie de D.ieu en faisant le Bien et la justice… ». Ce verset est pour nous déterminant car c’est la première et unique fois où la Thora nous donne une définition du Juif. Avraham fut choisi par D.ieu, non pour une qualité qui lui était propre, mais parce qu’il allait transmettre le judaïsme (il ordonne à ses enfants) ! L’éducation participe aussi du dépassement de soi : la première étape de l’éducation passe par le concept de modèle. Dans les premières années de sa vie, l’enfant se cherche constamment des modèles. Les parents feront tout alors, pour montrer une image idéale à l’enfant, une attitude qui suppose là aussi un effort considérable pour corriger ses défauts et améliorer ses traits de caractère.


A l’opposé de sa nature

La fin de la paracha s’inscrit dans le sillage des trois précédents exemples puisqu’il s’agit du sacrifice de Its’hak, un acte au cours duquel Avraham transforma littéralement sa nature. Bien qu’étant un homme de bonté, il fut prêt à accomplir un acte rigoureux, sacrifier son fils, un acte qui allait à l’encontre de sa nature. Aujourd’hui, bien évidemment, on ne nous demande pas un tel engagement mais même au plus bas de l’échelle des valeurs, on doit s’efforcer de vivre notre judaïsme dans une dynamique d’effort où la volonté d’aller toujours plus haut sera le moteur de notre vie.

Powered by Edreams Factory