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12 Décembre 2019 | 14, Kislev 5780 | Mise à jour le 11/12/2019 à 17h51

Rubrique Judaïsme

Parachath Hayé Sarah : ’Hévron, un lieu convoité

Le caveau des Patriarches à ‘Hévron (Flash90.)

Pour quelle raison, l’Unesco a-t-il voulu annuler le caractère juif du caveau de Ma’hpéla, qui fait l’objet d’une transaction au début de notre paracha ? D’aucuns diront qu’il s’agit d’un conflit historique, comme si nos ennemis voulaient déraciner les fondements de notre histoire. Le problème est ailleurs et bien plus essentiel : le caveau de ’Hévron va, pour la première fois, distinguer le peuple juif du reste de l’humanité.

Mais avant de l’expliquer, il nous faut revenir sur la définition d’un concept au cœur de notre paracha. Celle-ci porte le nom de ’Hayé Sarah (la vie de Sarah) et débute avec…la mort de Sarah. Elle quitte ce monde à 127 ans et Avraham va chercher à l’enterrer dans une sorte de grotte située dans la ville de ’Hévron où sont déjà enterrés Adam et ’Hava, le premier couple de l’humanité. En donnant le nom de ’Hayé Sarah (la vie de Sarah) à une paracha qui, dès les premiers mots, évoque sa mort, la Torah a voulu définir ce qu’est la vie pour le judaïsme. Pour une plante, un animal ou un homme, la vie est l’expression à la fois la plus intime et la plus forte du Moi. Vivre, c’est tirer profit des capacités naturelles, intellectuelles, émotionnelles et physiques que nous offre l’existence. Pour la Tradition juive, la vie, c’est la capacité à se mettre en retrait (la mort) pour permettre une autre vie : celle de nos enfants. C’est pourquoi, après le mort de Sarah et son enterrement, le texte va nous décrire le mariage de son fils Its’hak avec Rivka, une jeune fille dont les traits de caractère et la grandeur spirituelle seront à l’image de Sarah : la continuité juive est assurée. De plus, un verset de la fin de la paracha (1) nous dira qu’Avraham donna tout ce qu’il possédait à Its’hak, ne donnant que « des présents » aux autres enfants qu’il eut par la suite ! Pour la première fois, apparaît une distinction claire entre Israël et les nations, une distinction qui prit naissance à ’Hévron. 


Un fils unique


 Allons plus loin. Lorsqu’Avraham trouva la grotte pour enterrer Sarah, il découvrit que dans ce lieu reposaient, Adam et ’Hava. Et c’est là qu’elle sera enterrée. Comme pour nous rappeler que la continuité morale de l’humanité ne s’incarnera que chez Sarah. Et non chez Avraham qui aura lui aussi, une nombreuse descendance mais qui ne s’inscrira pas dans la lignée du peuple juif. Le patriarche évoque l’humanité dans son ensemble puisqu’un verset (2) le décrira comme « un père pour de nombreuses nations » alors que Sarah n’aura qu’un fils : Its’hak, souche originel du peuple juif. 


La conscience du monde


Pour beaucoup de nos commentateurs, la parachath ’Hayé Sarah est un moment « charnière » de notre histoire puisque la première génération du peuple juif s’éclipse avec la mort de Sarah pour laisser la place à la seconde, incarnée par Its’hak. C’est ce point névralgique de la spécificité du peuple juif que le monde cherche à effacer. Dans un monde de brutalité qui confine à la sauvagerie, faisant disparaître la moralité la plus élémentaire, Israël et le peuple juif restent la conscience lumineuse et unique du monde. Une conscience qui dérange les tenants du Mal absolu mais qui ne nous empêchera pas de poursuivre notre route, imprégnée d’une profonde expérience. D’ailleurs ce programme s’affiche déjà dans le texte, puisque la paracha suivante porte le nom de Toldoth qui signifie « enfants » ou « engendrements » ! 


Notes 

(1) Chap. 25, verset 5

(2) Chap. 17, verset 5

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