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13 Novembre 2019 | 15, Heshvan 5780 | Mise à jour le 12/11/2019 à 15h40

Rubrique Monde juif

Le Yémen veut « récupérer » les biens des juifs

Famille yéménite (Archive GPO)

Le gouvernement du Yémen a officiellement demandé aux Etats Unis d’être reconnu comme les légitimes propriétaires des objets rituels des juifs yéménites vivant en Amérique.

A la fin du mois d’octobre, les autorités yéménites ont déposé une demande officielle auprès du Département d’Etat américain afin d’être reconnues comme les propriétaires des biens culturels des juifs de leur pays. Qui, disent-elles, ont été sortis illégalement du Yemen. Parmi les objets réclamés se trouve un sefer-Torah datant d’il y a au moins trois cents ans qui est arrivé en Israël en 2016 suite à une opération secrète visant à faire émigrer une vingtaine de juifs du pays.

Si cette demande est reconnue comme recevable, explique Manny Dahari, dont la famille possède ledit sefer-Torah de-puis l’achèvement de sa rédaction, « concrètement, toute personne qui emportera un de ces objets aux Etats Unis ou qui le fera sortir de l’un de ces pays sera, alors, considéré comme un criminel ». 

Bien entendu, du coté juif, l’idée même que ces objets de culte puissent constituer des « biens culturels nationaux » est totalement rejetée. « Des biens culturels juifs comme des sifrei Torah, par exemple, ne font pas partie du patrimoine national de gouvernements qui ont expulsé ou forcé leurs communautés juives à fuir les persécutions antisémites », a souligné Sarah Levin, la directrice de l’organisation américaine JI-MENA qui représente les juifs venant du Moyen Orient et d’Afrique du Nord. Sera-t-elle entendue? Le Département d’Etat devrait donner la réponse courant novembre.

Toujours en matière de patrimoine et de Proche Orient, le président russe, Vladimir Poutine, vient de déclarer que Moscou aidait les juifs syriens à rénover les sites juifs en Syrie. « Nous aidons aussi les représentants du judaïsme, nous aidons aussi les juifs à restaurer leurs lieux saints et, de fait, nous coopérons très régulièrement avec eux », a-t-il dit lors d’une conférence de presse à Budapest. 

Cette déclaration russe étonne réellement les spécialistes. Certes, il existe un véritable patrimoine historique juif en Syrie (où vivaient près de 100 000 juifs au début du siècle dernier) et, logiquement, celui-ci a dû être très endommagé lors des combats et autres bombardements liés à la guerre civile qui a détruit une partie du pays. Mais, comme, a priori, il ne reste plus aucun juif sur place, personne ne sait à qui Vladimir Poutine pouvait bien faire référence lorsqu’il a mentionné les juifs que la Russie aidait à restaurer ces sites. 

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