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08 Décembre 2019 | 10, Kislev 5780 | Mise à jour le 04/12/2019 à 18h11

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Accueil chaleureux pour Erdogan

Poignée de mains entre les présidents américain et turc, Donald Trump et Recep Tayyip Erdogan (Wikipedia)

Malgré les nombreux points de désaccord entre Washington et Ankara, le président Trump a reçu son homologue turc dans une ambiance très amicale.

On aurait pu croire que le torchon brûlait entre les Etats-Unis et la Turquie, que de nombreuses divergences ont opposés au cours des dernières années. En plein processus d'islamisation, la patrie d'Ataturk tend en effet à s'éloigner de l'OTAN et de l'Union européenne. Les tensions les plus récentes entre les deux pays sont liées à l'achat par Ankara de missiles antimissiles S 400 russes et à l'offensive lancée par l'armée turque contre les Kurdes en Syrie. 

Cela n'a pas empêché le président Donald Trump de réserver un accueil très amical à son homologue turc le 13 novembre à Washington. « Nous sommes amis de longue date, presque depuis le premier jour. Nous comprenons nos pays respectifs. Nous savons d'où nous venons », a déclaré Donald Trump avant l'entretien.

Le chef de l'administration américaine s’enorgueillit de savoir négocier avec les dirigeants autoritaires, que ce soit le Saoudien Mohamed Ben Salman, le Nord-Coréen Kim Jong-un, le Hongrois Viktor Orban ou le Russe Vladimir Poutine. Selon l'hebdomadaire britannique  The Economist, ces leaders ont rapidement compris que Donald Trump se montre, en fait, prêt à appuyer presque tout ce qu'ils feront. Et le président turc Tayyip Recep Erdogan exploite de manière particulièrement adroite ces dispositions d'esprit. 

Au cours des dernières semaines, les tractations entre Washington et Ankara ont été pour le moins chaotiques. Après l’annonce par Donald Trump du retrait des troupes américaines déployées dans le nord-est de la Syrie, Ankara a lancé le 9 octobre une offensive militaire visant les forces kurdes, alliées de la coalition internationale dans la lutte contre les djihadistes. 

Fortement critiqué, y compris dans son propre camp, le président américain a ensuite durci le ton, menacé de « détruire » l’économie turque et autorisé des sanctions contre la Turquie, qui ont été levées après un accord conclu mi-octobre. « Le cessez-le-feu continue à tenir », s’est félicité Donald Trump. Mais l'abandon des forces kurdes et la place laissée à la Russie dans le conflit syrien ont indigné nombre d'élus, démocrates comme républicains.

Les atermoiements de Trump et l'offensive turque ont aussi suscité de vives tensions au sein de l'Alliance atlantique - dont la Turquie est membre - qui redoute une résurgence du groupe Etats islamique.

L'évolution de la Turquie depuis l'arrivée au pouvoir des islamistes au début des années 2000 suscite une inquiétude croissante en Israël. Les deux pays qui entretenaient de très bonnes relations se sont en effet beaucoup éloignés l'un de l'autre, d'autant plus qu'Ankara apporte un soutien actif au Hamas. C'est pourquoi l'accueil réservé par Donald Trump à Erdogan a surpris et inquiété dans l'Etat hébreu.

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