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12 Décembre 2019 | 14, Kislev 5780 | Mise à jour le 11/12/2019 à 17h51

Rubrique Régions

Bordeaux : Les assises du judaïsme français

Erick Aouizerate, président du Consistoire de Bordeaux et Joel Mergui président du Consistoire central (DR)

C’est à l’initiative du président du Consistoire de Bordeaux, Eric Aouizerate, que Bordeaux est devenue la capitale du judaïsme français. Durant deux journée, en effet, des émissaires venus de toute la France, mais aussi d’Israël et d’autres pays, se sont penchés sur l’état des Juifs de France.

Plusieurs ateliers se sont déroulés sur des thématiques essentielles afin de dessiner les contours de ce qui existe déjà, ainsi que de ce qu’il convient de faire pour pérenniser la communauté de France.

L’une des originalités de ces rencontres c’est qu’elles visent tous les niveaux de l’engagement au judaïsme: des présidents de consistoire, des rabbins évidemment mais aussi des acteurs du FSJU, de l’AIU, des EEIF, du KKL et d’autres sigles plus ou moins connus.

L’autre originalité c’est que s’il apparait évidemment des disparités selon les villes, les densités, les histoires singulières, il s’agit tout de même de tracer les grandes lignes d’un judaïsme relié au Consistoire central, selon de grandes thématiques qui traversent le judaïsme mondial.

C’est ainsi que plus de 160 personnes ont participé aux ateliers de réflexion proposés sur les deux journées, sans compter tous ceux, absents qui ont aidé à la préparation desdits ateliers. C’est donc une œuvre d’envergure qui a été engagée et chacun espère que leurs conclusions permettront de mieux aborder le judaïsme du XXI° siècle.

D’ailleurs les ateliers ont concerné des sujets habituels comme la place de la jeunesse ou la formation des rabbins mais parfois des thématiques risquées. Ainsi, le statut des femmes dans le judaïsme a permis de revenir sur le sujet douloureux du Get ainsi que de réfléchir sur l’espace synagogal traditionaliste, c’est-à-dire sur une partition de l’espace dans lequel la femme ne se sentirait pas exclue. Sujet essentiel aussi que celui des conversions : faut-il revoir le processus, la méthodologie des conversions en France, face aux autres formes en particulier américaines ? Un atelier est même intitulé « orthodoxie en débat » : la pratique orthodoxe a toujours évolué , doit-elle se modifier en ce nouveau siècle ? Enfin, autre sujet clivant, donc important, l’accueil de la différence. Il s’agit là d’aborder les thèmes habituels des mariages mixtes et des enfants issus des mariages mixtes, mais aussi, à l’heure de la Gay pride à Jérusalem, de la perception de l’homosexualité au sein du judaïsme.  

Ce furent donc deux jours bouillonnants, où chacun avait envie que pour une fois, les paroles ne soient pas lettres mortes. Les débats, souvent passionnés, ont su garder la mesure du réel grâce une savante composition des groupes, des personnes d’expérience, des professionnels, des bénévoles, de tous les âges, et beaucoup de femmes. Aussi, nous attendons avec impatience les conclusions, qui seront rendues publiques, des Assises du judaïsme français et nous ne doutons pas qu’elles sauront répondre aux défis de notre nouvelle époque, celle du désenchantement. 

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