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07 Juillet 2020 | 15, Tammuz 5780 | Mise à jour le 06/07/2020 à 12h17

Jeûne du 17 Tamouz : 03h25 - 22h45

Rubrique Communauté

Gérard Garçon : « Nous devons réussir à faire encore plus »

Président de la campagne pour la Tsédaka pour la cinquième année, Gérard Garçon rappelle, s’il le fallait, l’importance de se mobiliser afin de permettre à cette grande chaîne de fraternité de se poursuivre.

Actualité Juive: Quelles sont les priorités de la campagne de cette année ? 

Gérard Garçon : Au-delà des luttes quotidiennes qui sont les nôtres depuis des dizaines années, qui sont la lutte contre l’isolement des personnes âgées, la lutte contre la précarité, le soutien aux personnes handicapées, s’ajoute aujourd’hui la priorité qui concerne les personnes qui vivent dans les zones dites « territoires perdus de la République » où sévit un antisémitisme violent et qui a déjà tué. 

Nous avons mis en place un nouveau programme, appelé  appartements provisoires destiné à ces familles qui sont en danger afin qu’elles puissent quitter ces zones géographiques. Nous voulons les installer dans des appartements où ils seront en sécurité et où ils pourront retrouver une énergie.     Ce programme qui sera effectif dès janvier 2020 et qui va se dérouler sur cinq ans, va nécessiter un million et demi d’euros d’investissement pour meubler ces appartements, payer les déménagements et aider de manière plus générale ces familles à prendre un nouveau départ. Il s’agit, pour le Fonds social, de sauver toutes ces personnes qui vivent sous une menace antisémite permanente. 


A.J.: Quelle est la situation sociale de la communauté juive aujourd’hui ? 

G.G. : En France, 14,7% de la population vit sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 860 euros par mois. La communauté n’est pas épargnée par cette précarité. L’aide d’urgence est destinée en priorité aux personnes qui vivent dans ces conditions. Cela passe par des aides à travers les associations, à travers le fonds d’urgence qui permet de payer les loyers, les factures en retard et faire face aux dépenses importantes de première nécessité. On n’oublie pas non plus les personnes âgées et isolées qu’il faut aller visiter et soutenir, ainsi que les enfants en détresse, souvent placés, et auxquels il faut essayer de donner un avenir possible.

   On aide en moyenne 20 000 personnes par an et, depuis vingt-sept ans qu’existe la campagne pour la Tsédaka, on a pu aider quelque 600 000 personnes et collecter soixante millions d’euros. Ce sont des chiffres extrêmement importants mais qui restent en-deçà des réalités. Tous les experts du tissu associatif nous disent qu’il faut aider trois fois plus de personnes. Les besoins sont donc énormes et notre ambition est de pouvoir répondre à toutes les demandes.  


A.J.: La campagne de 2018 a suscité une très forte mobilisation. Quelle a été son bilan ? 

G.G. : L’an dernier, nous avons collecté 3,176 millions d’euros, ce qui représente un record absolu puisque nous n’étions jamais parvenus à collecter au-delà de 2,8 millions d’euros. L’effet booster du parrain Gad Elmaleh a permis d’atteindre ce chiffre exceptionnel nous permettant ainsi d’aider plus de gens. Ainsi sommes-nous arrivés pour la première fois à accorder l’intégralité des bourses cantines qui nous avaient été demandées, soit 1 551 bourses. Cette année, nous devons réussir à faire encore plus et convaincre les gens qui sont autour de nous et qui ne savent pas ce qu’est la Tsédaka pour qu’ils se mobilisent et qu’ils participent. Donner un euro par jour est une mitzva quotidienne essentielle et cela permettra in fine d’aider le plus grand nombre de personnes. 


A.J.: La Tsédaka serait donc la nécessité de donner sans s’en rendre compte ? 

G.G. : Absolument. La Tsédaka ne signifie pas faire acte de charité mais rétablir la Justice. C’est un devoir qui nous incombe. On n’aide pas l’autre parce qu’on l’aime mais tout simplement parce qu’on doit le faire. C’est la manifestation de notre judaïsme pur et entier. La Tsédaka doit aussi être une aide pérenne qui se renouvelle d’année en année.

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