Default profile photo

27 Janvier 2020 | 1er, Shevat 5780 | Mise à jour le 27/01/2020 à 16h58

Rubrique Communauté

Pourquoi l’ULIF-Copernic et le MJLF se sont rapprochés

Jean-François Bensahel (g.), président de l’ULIF-Copernic et Gad Weil, président du MJLF (DR)

« Judaïsme en mouvement » : tel est le nom de la nouvelle entité que les deux communautés juives libérales ont décidé de créer et au sein de laquelle elles entendent œuvrer ensemble tout en gardant leur autonomie.

C’est parce qu’ils souhaitent, disent-ils, défendre les valeurs d’ouverture et de modernité du judaïsme et construire le judaïsme de demain que Jean-François Bensahel et Gad Weil, respectivement président de l’ULIF-Copernic et président du MJLF ont décidé de créer une nouvelle entité qui portera la voix du judaïsme libéral de France. Le projet, initié il y a deux ans, a été approuvé à plus de 90 % des membres des deux associations. Les statuts de « Judaïsme en mouvement », le nom de cette nouvelle entité fédératrice, ont été publiés au début du mois de novembre. 

   « Nous avons longtemps sillonné la France et nous nous sommes rendus compte qu’une grande majorité de juifs ne poussaient jamais les portes des synagogues car ils ne se reconnaissaient pas dans le judaïsme que celles-ci incarnaient », explique Jean-François Bensahel à Actualité juive. « Or, poursuit-il, nous entendons porter la voix d’un judaïsme moderne, pluraliste et basé sur l’égalité entre les hommes et les femmes, et d'en faire connaître la richesse et la beauté à ceux qui seraient tentés par l’assimilation », poursuit le président de l’ULIF-Copernic. Une démarche censée répondre aussi aux risques qu’il perçoit. « Il en va de l’avenir de la vie juive en France, pays auquel nous sommes extrêmement attachés et au sein duquel nous souhaitons que les juifs puissent vivre encore longtemps. À condition que nous dotions de moyens notre ambition, en créant, donc, des lieux de vie juive moderne ». 


« Ce projet est aussi politique »


« Je veux aller chercher ceux que les synagogues ont chassé », annonce de son côté Gad Weil pour qui la création de cette suprastructure est aussi, et peut-être surtout, un « projet politique ». « Il s’agit, nous explique-t-il, de redessiner l’histoire et la géographie du judaïsme en France. Dans l’organisation du culte tel qu’il existe aujourd’hui, la représentation mémorielle des Juifs est incarnée par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, la représentation politique par le Crif, la représentation sociale par le FSJU et la représentation religieuse par le Consistoire. Or, nous estimons qu’il manque un élément important, celui qui représente le judaïsme égalitaire et moderne ». Et Gad Weil de poursuivre en reprochant au Consistoire d’avoir opté pour un « virage orthodoxe » et de refuser de « faire de la place en son sein aux courants modernistes ».

« Judaïsme en mouvement » entend rassembler les courants libéraux, massorti et modern-orthodoxe. « Chaque rabbin continuera à servir les communautés d’où ils proviennent tout en gardant leurs spécificités et minhagim. Le cadre nouveau et national qu’offre Judaïsme en mouvement permettra de mettre en commun nos moyens, nos capacités et nos forces », ajoute encore Jean-François Bensahel. Tout un programme.

Powered by Edreams Factory