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27 Janvier 2020 | 1er, Shevat 5780 | Mise à jour le 27/01/2020 à 16h58

Rubrique Communauté

Scolarisés dans le public, ils mangent casher

La pause du midi dans une ambiance juive (DR)

Depuis quelques années,le mouvement Loubavitch propose des cantines casher pour les élèves scolarisés dans les écoles publiques à Paris et en banlieue. Détails.

Quelle organisation ! Il faut déjà localiser les écoles où des élèves juifs seraient intéressés à manger casher le midi. Ensuite, il faut les prendre à la sortie de l’école à 11h30 précises, les amener dans les locaux prêtés par une synagogue puis leur servir un repas chaud et nourrissant. Quand il y a moins de vingt enfants, les repas sont préparés à la maison « comme pour nos propres enfants » précisent avec le sourire Rivka de Montmorency et Ra’hel de Sèvres. Et quand ils sont plus, les écoles Beth Hanna ou Chneor, par exemple, fournissent des containers-thermos d’excellente qualité et d’une fraîcheur irréprochable. 

« En général, les enfants qui ne mangent pas de porc et de viande dans les cantines publiques ne mangent quasiment que du pain. Et il arrive qu’on ne leur en donne pas assez pour les caler car ce n’est pas équilibré », explique Rivka. La cantine casher, c’est évidemment une alternative mais c’est aussi une ambiance. Mouchkie de Paris XVIe, détaille : « Nous proposons aux enfants un moment de détente où ils sont heureux de se retrouver entre eux ». Les garçons mettent la kippa et le talit katane ; tous chantent les prières, certains veulent apprendre à lire l’hébreu, d’autres préfèrent les jeux de société ou de ballon. On les plonge dans l’ambiance des fêtes juives quand le calendrier s’y prête. 

Pour les cantines desservant plusieurs écoles (comme dans les XIIe ou XVIIe arrondissements), un système de ramassage est mis au point avec des voitures particulières et même des cars. Quant au personnel, il est souvent constitué de bénévoles, d’étudiantes, de retraités heureux de consacrer un peu de leur temps pour la communauté. Les locaux sont prêtés par des synagogues ou des particuliers. « Tout ceci exige une organisation impeccable et des solutions de rechange éventuelles, même pendant les grèves ! », sourit Sarah qui explique disposer toujours de réserves (pain, conserves, etc) en cas de pépin. 

Mais même avec beaucoup de bonne volonté, l’argent reste le gros problème. « Nous sommes la seule cantine casher du 93 et les parents, souvent des familles en difficulté, ne disposent pas de gros moyens. Nous ne pouvons pas attendre qu’ils payent même un prix minimal », indique Rivka. « Alors ce budget repose sur nous ». 

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