Default profile photo

10 Avril 2020 | 16, Nisan 5780 | Mise à jour le 08/04/2020 à 16h38

Rubrique Culture/Télé

Judith Maarek : « Il s’agit d’un livre sur la transmission de l’identité juive à destination de la jeune génération »

Après une belle et longue carrière d’enseignante, Judith Maarek s’est lancée dans l’écriture. Après deux romans remarqués, elle se tourne vers la littérature jeunesse pour les adolescents. Au programme, transmission et identité juive au travers d’une enquête menée par 3 ados… et leur mamie.

Actualité juive : Qu'est-ce qui vous a incité à vous lancer dans l'écriture ?

Judith Maarek :  J’ai enseigné le français avec bonheur dans une école privée juive pendant toute ma carrière professionnelle. C’est d’ailleurs une ancienne élève, Avigail Cassar qui a réalisé la couverture de Trois cousins et une enquête. J’ai commencé par publier des recueils de poésie et, arrivée à la retraite, j’ai disposé de davantage de temps.  J’ai écrit  mon  premier livre en 2015, quand j’ai appris le décès d’une artiste juive que j’ai bien connue. L’Âme-son, est l’histoire de cette rencontre et en quelque sorte un hommage que je lui rends. Mes lecteurs ont aimé et m’ont encouragée à continuer. J’ai publié deux ans plus tard Nouvelles de Jérusalem et d’ailleurs, des petites histoires drôles ou émouvantes  qui nous promènent dans le monde juif, d’une ville à l’autre.


A.J.: Pourquoi ce livre pour adolescents ?

J.M : J’écris toujours sur des thèmes juifs et j’ai pensé qu’un auteur juif qui écrirait pour la jeunesse juive, ça serait bien, (il n’y en a pas beaucoup !) 


A.J.: Comment vous est venue l'idée des trois personnages adolescents Julia, Sam et Talya ?

J.M : Les personnages des trois cousins en question ont été inventés, mais pas totalement. En fait, l’histoire racontée dans le livre est tout à fait authentique. A l’origine, c’est moi qui ai mené  l’enquête jusqu’à son dénouement. Quand  j’habitais le 18ème, une voisine d’origine polonaise assez âgée, m’a fait remettre une ‘hanoukia que son mari avait rapportée de Pologne et qu’elle ne voulait plus  garder. Sur cette ‘hanoukia, étaient gravés un prénom, un nom et  celui d’une petite localité polonaise. Chaque année, nous l’allumions, jusqu’à présent d’ailleurs, et ce n’est que récemment, bien des années plus tard, que l’idée m’est venue de taper ce nom et ce prénom sur Google. Et c’est ainsi que l’histoire a commencé…

« Ah ! Me suis-je dit alors, voilà un sujet épatant pour mon prochain livre ! », mais j’ai pensé qu’une histoire vécue et racontée par une petite mamie, aussi sympathique soit-elle, n’intéresserait peut-être pas grand monde ! Et que si je l’adaptais  pour la jeunesse en faisant mener les recherches par trois ados, ça serait bien mieux. L’idée de petits-enfants qui ont une grand-mère qui a reçu une ‘hanoukia…s’est alors imposée. Sans compter que j’ai moi-même des petits-enfants qui ont suivi mes recherches pas à pas.


« L’histoire racontée dans le livre est tout à fait authentique »



A.J.: Votre livre, une enquête, est aussi une incitation à la transmission. Pensez-vous qu'un livre pour adolescents puisse expliquer l'identité juive ?

J.M : Oui, c’est un livre sur la transmission. De l’identité juive d’abord, puisque les trois jeunes ont une conscience très forte de leur appartenance au peuple juif. Julia, d’ailleurs va se trouver en butte à des tracasseries antisémites dans son collège, de la part de certains camarades de sa classe. Elle les affrontera courageusement et sera réconfortée par le soutien de certains autres. Transmission également de la Shoah de manière indirecte. Oui, c’est important à mon sens d’en parler à notre jeune génération. Bien sûr de la manière adéquate, et il me semble que  le livre et plus encore le roman est un moyen privilégié pour cela.

Et puis mon livre  parle aussi de solidarité, d’amitié, des liens familiaux. 


Judith Maarek, « Trois cousins et une enquête », publié chez Amazon, 230p, 12euros

Powered by Edreams Factory