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27 Janvier 2020 | 1er, Shevat 5780 | Mise à jour le 27/01/2020 à 16h58

Rubrique France/Politique

Assassinat de Sarah Halimi : La tenue d’un procès toujours incertaine

(DR)

À l’audience qui a eu lieu mercredi 27 novembre à la chambre de l’instruction de la cour d’appel, les avocats de la partie civile ont tenté de mettre en garde contre les risques qu’indurait la reconnaissance de l’irresponsabilité du tueur présumé.

Au-delà de l’insulte faite à la mémoire de la malheureuse Sarah Halimi, sauvagement massacrée et défenestrée alors qu’elle dormait paisiblement chez elle dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, déclarer Kobili Traoré, son tueur présumé, irresponsable de son acte car son discernement aurait été aboli au moment des faits risquerait de créer un dangereux précédent.

« Voulez-vous créer une jurisprudence Sarah Halimi ?», a lancé maître Francis Szpiner, avocat des parties civiles aux juges lors de l’audience qui s’est déroulée à la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris mercredi 27 novembre. Car déclarer Traoré irresponsable et l’exempter d’un procès signifierait que quiconque consommant volontairement des substances illicites ou dangereuses et qui, sous leur emprise, commettrait un délit gravissime pourrait être déclaré irresponsable. 

 Le risque est réel étant donné que le 20 septembre dernier, le parquet général avait estimé qu’il existait des charges suffisantes à l’encontre de Kobili Traoré pour l’accuser du meurtre de Sarah Halimi, avec la circonstance aggravante du caractère antisémite de son acte mais jugé qu’il doit être déclaré irresponsable pénalement en raison de l’abolition de son discernement. 


Créer un dangereux précédent

Pour maître Muriel Melki-Ouaknine, qui avec les avocats Oudy Bloch, Stéphanie Cohen, et Nicolas Benouaiche interviennent dans le cadre de l’Organisation juive européenne et représentent le frère et la belle-sœur de Sarah Halimi, il a été important de rappeler au cours de la dernière audience que « les juges ne sont absolument pas liés aux avis rendus par les divers experts et ce, d’autant moins qu’ils sont divergents ». 

« Nous attendons que la Chambre de l’instruction étudie dans la plus parfaite indépendance les éléments objectifs figurant au dossier et aux mémoires que nous avons déposés, qui démontrent l’existence d’une conscience avant, pendant et après la commission de cet assassinat. Nous rappelons que cet acte tant par sa violence inouïe que par le choix de la cible (une femme juive retraitée isolée) est un acte de terreur, et que la circonstance qu’il ait été commis dans un contexte d’islam radical doit également conduire à s’interroger sur son aspect terroriste », ajoute aussi l’avocate. La décision est attendue pour le 19 décembre. 

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