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10 Avril 2020 | 16, Nisan 5780 | Mise à jour le 08/04/2020 à 16h38

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Angela Merkel à Auschwitz

(CAPTURE D’ECRAN FRANCE24)

«Se souvenir des crimes, nommer leurs auteurs et rendre aux victimes un hommage digne, c’est une responsabilité qui ne s’arrête jamais», a déclaré la chancelière au cours de sa première visite dans le camp.

C'est sous le double signe du douloureux passé de l'Allemagne durant la période nazie et des risques liés à la résurgence de l'antisémitisme et de la haine, que la chancelière allemande, Angela Merkel a effectué le 6 décembre sa première visite à Auschwitz.

Elle n’est que le troisième chef de gouvernement allemand à se rendre en visite officielle dans le camp d'extermination, après Helmut Schmidt en 1977 et Helmut Kohl en 1989 et 1995. En quatorze ans au pouvoir, elle a multiplié les gestes forts en se rendant à Ravensbrück, Dachau, Buchenwald, et au Mémorial de la Shoah, Yad Vashem, à Jérusalem, où elle s'est recueillie à cinq reprises, dont quatre comme chancelière. 

«Se souvenir des crimes, nommer leurs auteurs et rendre aux victimes un hommage digne, c’est une responsabilité qui ne s’arrête jamais. Ce n’est pas négociable. Et c’est inséparable de notre pays. Etre conscient de cette responsabilité est une part de notre identité nationale.»

 La voix altérée par l’émotion, elle a souligné qu’il était «important» de rendre à Auschwitz son «nom complet». Situé dans l’actuelle Pologne, le camp était dans une région «annexée en octobre 1939 par le Reich». "Il est important de nommer clairement les criminels. Nous, les Allemands, le devons aux victimes et à nous-mêmes", a-t-elle déclaré.

Elle a insisté sur la «honte profonde» qui l’habite et que ressentent les Allemands vis-à-vis des crimes du Troisième Reich. Mme Merkel était accompagnée pour ce déplacement par le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, par un survivant d’Auschwitz, Bogdan Bartnikowski, 87 ans, ainsi que par des représentants de la communauté juive. Elle s’est également rendue à Birkenau, distant de 3 km du camp principal.


«Une part de notre identité»


A la veille de ce déplacement, Angela Merkel avait annoncé l’octroi de 60 millions d’euros à la Fondation Auschwitz-Birkenau pour l'entretien du site où furent assassinées plus d'un million de personnes, dont 90 % de Juifs, entre 1940 et 1945. 

Sa première visite de ce site, symbole le plus fort de l’extermination des Juifs d’Europe, intervient au moment où l’antisémitisme connaît une résurgence en Allemagne et où l’extrême droite, qui siège depuis deux ans au Bundestag, prône la fin de la culture du repentir. La chancelière a mis en garde contre «la montée du racisme et la propagation de la haine», ainsi que contre l’antisémitisme qui menace les communautés juives en Allemagne, en Europe et dans le monde entier.

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