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10 Avril 2020 | 16, Nisan 5780 | Mise à jour le 08/04/2020 à 16h38

Rubrique Régions

Béate et Serge Klarsfeld : «La France n’est pas à l’abri de la montée des extrêmes »

Béate et Serge Klarsfeld à l'ouverture du versnissage de l'expostion (Hugues Rubio)

Le Jeudi 28 novembre se tenait dans le magnifique hall de l'Hôtel de Ville, le vernissage de l'exposition conçue par le Mémorial de la Shoah :« Beate et Serge Klarsfeld ; les combats de la mémoire 1968-1978 » en présence du couple de légende.

Actualité Juive.: Vous avez déclaré dans votre livre « Mémoires », je vous cite :« Je n’ai hérité de cette identité ni par la religion ni par la culture : mon identité juive, c’est la Shoah en arrière-plan et un indéfectible attachement à l’État juif, l’État d’Israël.»

Avez-vous à un moment ou à un autre envisagé de vous rapprocher du Talmud ou de la Synagogue ?

S.K. : Absolument pas. Comme beaucoup d'autres qui ont vu disparaître leur famille, moi j'ai considéré que la disparition de mon père que j'ai attendu longtemps m'a éloigné de la religion. S'agissant de mon rapport au Créateur, je ne sais même pas si je crois ou si je ne crois pas. Et puis, je n'ai pas eu une éducation juive. 


A.J.: Mais les combats que vous avez menés ne vous ont-ils pas conduit à revisiter cette question ?

S.K. : Non, ils m'ont conduit à considérer qu'il y avait maintenant un Etat Juif à même de garantir la survie des juifs et qu'il convenait de tout faire pour le défendre, sans négliger pour autant la diaspora. Je me suis rendu en Israël dès l'âge de 17 ans et y suis retourné des dizaines de fois.


A.J.: Ces derniers temps votre combat a semble-t-il évolué en s’orientant résolument vers la défense des démocraties en général. Cela signifie-t-il que vous êtes allés au bout du combat pour la Mémoire de la Shoah et que d’autres combats sont devenus plus prioritaires ?

B.K. et S.K. : Oui, il y a des combats plus prioritaires. La mémoire de la Shoah est maintenant bien établie. Il reste donc à protéger le cadre politique dans lequel évolue un pays. En effet, si un parti d’extrême gauche ou d’extrême droite prend le pouvoir, il pourra alors très facilement balayer ce travail de mémoire. Et de ce point de vue la France n’est pas à l’abri.


A.J.: Le vernissage de l’exposition dans ce magnifique écrin et votre conférence ont rencontré un très large public et sont une magnifique réussite. Quel est votre sentiment au soir de cette étape montpelliéraine ?

B.K. et S.K. : C’était une étape particulière avec une dimension familiale importante (ndlr Serge Klarsfeld est le demi-frère de Michel Soulas, décédé il y a 3 ans, ancien conseiller municipal de Montpellier). Avec Michel en 2000, nous avions déjà conçu dans l’ancien Hôtel de Ville, une exposition sur la rafle des enfants juifs.

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