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22 Septembre 2020 | 4, Tishri 5781 | Mise à jour le 04/08/2020 à 22h39

Chabbat Haazinou - Chabbat Chouva : 19h06 - 20h09

Rubrique Communauté

Richard Prasquier : « La solidité d’Israël est la meilleure réponse aux délires antisémites »

Le centenaire du Keren Hayessod sera lancé dimanche 26 janvier par une soirée de gala au Cercle de l’Union Interalliée (1) au cours de laquelle son président français Richard Prasquier passera le relai à Judith Oks et Dan Serfaty.

Actualité Juive : Vous avez décidé de passer le flambeau à Judith Oks et Dan Serfaty après avoir accompagné la renaissance et le développement du Keren Hayessod en France depuis 2013. Quelles raisons ont motivé votre décision ? 

Richard Prasquier : D’abord, il ne faut pas s’éterniser dans un poste. A se croire irremplaçable, on se ferme à la discussion, on fait de sa fonction le déterminant essentiel de sa vie intérieure et relationnelle. Cela s’applique à la pathologie de certains dirigeants politiques, comme des fonctions les plus modestes. C’est un petit défi qu’on se lance à soi-même que de quitter un poste valorisant, mais pour avancer dans le chemin de notre vie, nous avons besoin de défis et de changements.

Ensuite, c’est un devoir que de faciliter la transmission. Je voulais quitter la présidence au meilleur moment : je suis heureux de partir alors que le Keren Hayessod fonctionne de façon sereine et efficace avec une équipe de professionnels admirable dirigée par Amir Lapid et je veux rendre hommage aussi à ses prédécesseurs Alon Lev puis Yoan Smadja. Transmission signifie adaptation à un nouvel environnement, à une nouvelle génération de militants, à de nouveaux modes de collecte et d’exigences et habitudes des donateurs. Par leur expérience complémentaire, dans le monde des associations et dans celui de la société « high tech », la co-présidence de Judith Oks et Dan Serfaty sera un magnifique atout pour l’organisation. Le gala du 26 janvier sera l’occasion du changement de témoin, en présence des présidents internationaux Sam Grundwerg et Steven Lowy. Mais je ne quitterai pas le Keren Hayessod.


A.J.: Imposer le nom du Keren Hayessod en France n’a pas été facile au début. L’institution était méconnue du public français. Sept ans plus tard, quel bilan faites-vous de la place qu’elle occupe désormais ? 

R.P. : C’est un nom typique du sionisme des origines que celui de Keren Hayessod : « Fondation de base ». Dénomination difficile à insérer dans un monde non hébréophone, d’autant que « Keren » prêtait à confusion avec le Keren Kayemeth. On lui a associé dès les années 1920 un nom anglais plus facile : United Jewish Appeal for Israël, Appel Unifié Juif pour Israël. C’était il y a cent ans, après la Conférence de San Remo, après un accord international sur la création d’un Foyer national pour le peuple juif. Ce Foyer, il fallait lui préparer des infrastructures éducatives et économiques. Ce fut l’objectif du Keren Hayessod qui devint le bras financier de l’Agence juive quand celle-ci fut créée quelques années plus tard. La collecte du Keren Hayessod a  accompagné le développement du pays, avant et après son indépendance. Lorsque en 1967, à l’occasion de la guerre des Six Jours et des angoisses qui l’avait précédée, la communauté juive de France s’est rendu compte de sa relation consubstantielle avec l’Etat d’Israël, elle a décidé d’unifier la collecte sous ce nom déjà utilisé d’Appel Unifié, oeuvrant en partenariat avec le FSJU, le Keren Hayessod n’a pas gardé son nom en France. Il l’a repris quand  le partenariat a malheureusement été rompu. Il  a fallu recréer une structure autonome. Je ne veux pas m’étendre sur les difficultés, les obstacles et les aigreurs que nous avons alors rencontrées. Aujourd’hui, malgré la difficulté de son nom, le Keren Hayessod France est une organisation reconnue dans la communauté, et se développe tout à fait harmonieusement. 


A.J: Que retenez-vous à titre personnel de la force du message et des valeurs portées par le Keren Hayessod ?

R.P. : Le message sioniste, c’est la nécessité pour le peuple juif d’avoir une terre qui lui appartienne et à partir de laquelle il ne soit plus en besoin de quémander aux pays du monde une mansuétude à son égard qu’ils pourraient lui accorder ou ne pas lui accorder. La solidité d’Israël est la meilleure réponse aux délires antisémites qui prennent le plus souvent le masque de l’antisionisme. Je suis très profondément français, mon pays, ma culture, ma vie, et très profondément attaché à Israël, car appartenant à ce peuple juif aux milliers d’années d’histoire commune, porteur d’un message universel. Aucune association plus que le Keren Hayessod ne me permettrait mieux d’agir d’après ce constat : aider les Juifs où qu’ils soient dans le monde quand ils sont en difficulté, que ce soit en Israël (fracture sociale, intégration des diverses parties de la population israélienne, aide aux anciens et handicapés, soutien aux initiatives d’ouverture scientifique, humanitaire, sociétale) ou dans les pays de la diaspora (développement de l’identité juive et de la connaissance d’Israël, lutte contre l’antisémitisme et aide à l’Alyah). 

  1. Renseignements : 01.77.37.70.80
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