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03 Avril 2020 | 9, Nisan 5780 | Mise à jour le 02/04/2020 à 20h28

Rubrique Culture/Télé

« Jojo Rabbit » : Ne pas arrêter de dénoncer le nazisme

(Crédit : Fox)

« Jojo Rabbit » (6 nominations aux Oscars) de Taika Waititi traite de façon singulière, mais efficace, l’engagement des enfants allemands dans les jeunesses hitlériennes.

Sur un sujet grave, l’embrigadement d’un enfant de 10 ans par le nazisme qui découvre que sa mère cache une jeune juive, Taika Waititi revisite l’Histoire sur un ton satirique. Et livre avec audace une mise en garde bien pensée contre le sectarisme. Étant lui-même juif par sa mère et Maori par son père, il a dû affronter certains préjugés en grandissant. Une des idées fortes du film présente la guerre vue par le regard des enfants. Ce point de vue met en avant l’absurdité des adultes, supposés eux être responsables. Le cinéaste considère que l’on forme la jeunesse à la haine, elle ne naît pas avec. « Nous devons continuer à parler, parce que la dynamique qui a permis tout cela ne va pas disparaître », insiste-t-il. Ainsi, le film va bien au-delà du traitement burlesque de ce drame historique. Chaplin (« Le dictateur ») et Mel Brooks (« Les producteurs ») ont mis en scène avec humour ce sujet bien avant Taika Waititi qui s’est inspiré du livre de Christine Leunens, « Le ciel en cage », paru en 2004. Côté acteurs, le très jeune Roman Griffin Davis ne démérite pas en Jojo Rabbit face à deux stars d’Hollywood, l’actrice américaine la mieux payée, Scarlett Johansson qui joue sa mère, et un autre excellent protagoniste en capitaine nazi, Sam Rockwell, Oscar du meilleur second rôle pour « Three Billboards. Les panneaux de la vengeance ».  Par ailleurs, notons un lien pertinent avec la diffusion actuelle des pires idéologies. Le soir de la remise des Golden Globe l’acteur Sacha Baron Cohen (« Borat ») a moqué le créateur de Facebook. Après voir montré un extrait de « Jojo Rabbit », l’artiste a enchaîné d’une blague : « Le héros de ce film est un enfant naïf et égaré qui diffuse la propagande nazie et n'a que des amis imaginaires”, a expliqué Cohen. “Son nom est Mark Zuckerberg. Désolé, c'est une vieille intro pour Le réseau social. » En novembre, Cohen a reçu un prix de la part de la Ligue Anti-Diffamation pour son engagement contre le racisme, la haine et l'intolérance. Lors de son discours de remerciements il a tenu à souligner : « Je ne suis qu'un comédien, pas un universitaire. Mais une chose est assez claire pour moi. Toute cette haine et cette violence sont facilitées par une poignée de sociétés Internet qui représentent la plus grande machine de propagande de l'histoire. » Dont acte. 


« Jojo Rabbit » de Taika Waititi avec R. G. Davis, S. Johansson, T. McKenzie, S. Rockwell.




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