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26 Septembre 2020 | 8, Tishri 5781 | Mise à jour le 04/08/2020 à 22h39

Yom Kippour : 18h57 - 20h01

Rubrique France/Politique

Les organisateurs de la marche PAS silencieux pour Sarah Halimi : « Nous allons faire du bruit pour Sarah Halimi »

Eddy Suissa et Jonathan Behar co-organisent la « Marche PAS silencieuse pour Sarah Halimi » ce dimanche 5 janvier à Paris.

Eddy, vous êtes à l’origine de la marche de dimanche à Paris. Comment cette idée est-elle née ?


Eddy Suissa : C’était dans la nuit du 20 décembre. Je n’arrêtais pas de penser à cette décision de justice totalement folle et incompréhensible qui avait été capable de déresponsabiliser pénalement un criminel. J’ai écrit sur Facebook ces trois lignes : « L’immense marche pas silencieuse pour Sarah Halimi. Juifs et non-juifs, nous devons l’organiser. Relayez-moi ». Je n’avais rien calculé, c’était un cri de colère et le post s’est enflammé. Il a été partagé 10 000 fois et à la suite de ça, j’ai crée une page dédiée sur pour organiser l’événement. On a rapidement été submergés, si bien que quelques personnes nous ont rejoint pour la logistique. Ensuite on s’est réuni avec Jonathan qui prévoyait aussi de faire quelque chose avec les motards. On s’est dits qu’ensemble, on serait plus forts et qu’on ferait plus de bruit pour Sarah Halimi. 

 

Jonathan Behar : J’avais en effet le projet de faire un run avec mon groupe de motards « Roots26 » qui en avait déjà fait pour Sarah Halimi. Quand j’ai vu le groupe monté par Eddy et la marche qui s’organisait le 5 janvier, j’ai pensé qu’il fallait s’unir pour frapper un grand coup ensemble. Comme a dit Eddy, le sentiment d’injustice et de colère est trop fort. Il faut arrêter de faire passer des criminels pour des irresponsables : à un moment, il faut dire non et punir sinon on ouvre des brèches dangereuses pour tout le monde. 


« Pour tout le monde », vous insistez beaucoup là-dessus tous les deux : la marche doit mobiliser tous les Français, juifs et non-juifs. 


J.B. : Oui, il le faut. C’est absolument nécessaire. Dans le groupe, on a pu lire beaucoup de discussions sur les drapeaux, les kippas, les pancartes. Tout le monde doit venir dimanche car il faut être unis autour de cette cause. Si aujourd’hui on agit – et on ne s’arrêtera pas là - c’est pour demander justice parce que cette décision va créer un précédent dramatique. On doit lancer un message clair pour demander la justice et uniquement cela : les slogans doivent tourner autour de ça. Cela concerne tous les Français, sans distinction. Déclarer irresponsable pénalement un criminel, c’est prendre un chemin insupportable et dangereux. On doit se rassembler et se battre autour du seul mot d’ordre de la justice. 


E.S. : Les juifs ont souvent déplorés d’être seuls et ils ont souvent été choqués que la communauté nationale ne se mobilise pas davantage pour lutter avec eux contre l’antisémitisme. C’est vraiment fondamental, comme dit Jonathan, qu’on dépasse les clivages pour créer un sursaut. On sent que les choses bougent : nous recevons aujourd’hui beaucoup de messages de partout, de gens qui ne sont pas juifs et qui sont solidaires parce qu’ils sont scandalisés. L’injustice de l’affaire Halimi suscite une telle colère qu’elle nous a réuni. On va tous marcher ensemble et je suis sûr qu’on peut faire changer les choses.   


J.B. : Je suis d’accord avec Eddy. Une partie de la communauté nationale, en dehors de la communauté juive, a conscience de la gravité de cette décision. Il suffit de lire les commentaires et les discussions qui abondent dans le groupe. Notre rôle à nous, c’est d’inviter un maximum de gens à nous rejoindre pour renverser cette injustice inacceptable. Je suis convaincu que la société civile que nous, citoyens, représentons et qu’on a essayé avec cette marche de rassembler, a un rôle à jouer. Notre souhait est de tenir les consciences éveillées et de garder les gens mobilisés. Vous savez, quand on est déterminés et qu’on a un mur devant soi, on se lève. Alors nous, nous ne resterons pas silencieux.


Etes-vous en contact avec la famille de Sarah Halimi ? 


Ensemble : Oui. William Attal, le frère de Sarah Halimi, sera avec nous dimanche. 


Et avec les institutions communautaires ? 


E.S. : Aussi oui. Nous avons invité tout le monde mais nous ne voulons pas d’étiquettes. Tout le monde est bienvenu et a été approché.    


Quelles sont les dernières informations pratiques à savoir pour dimanche ? 


E.S. : Deux cortèges vont se rejoindre pour prendre la direction du domicile de Sarah Halimi rue Vaucouleurs où des veilleuses seront allumées en sa mémoire. Le premier cortège des véhicules (motos, scooters, vélos et trotinettes) se retrouvera à 13h30 Place de la Nation devant le Canon de la Nation et il partira à 14h vers la Place de la République. Le deuxième cortège des piétons a rdv à 14h sur la Place de la République et sera rejoint par les véhicules. Les discours auront lieu vers 15h30/16h et nous partirons ensuite tous ensemble (la marche et le run) vers la rue Vaucouleurs. L’itinéraire a été validé par la Préfecture de Police. Un dispositif de sécurité a naturellement été mis en place avec la Préfecture et le SPCJ. 


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