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30 Mars 2020 | 5, Nisan 5780 | Mise à jour le 29/03/2020 à 10h11

Rubrique France/Politique

Indignation : A Paris, une marche de colère

William Attal a raconté en détails les circonstances du meurtre de sa soeur. (Erez Lichtfeld)

Plusieurs rassemblements ont été organisés dimanche 5 janvier dans plusieurs villes de France et notamment à Paris où une foule nombreuse s’est réunie sur la place de la République. Avec comme unique mot d’ordre : « Justice pour Sarah ».

A pieds, en scooter ou en moto, ils étaient près de 3 500 manifestants à participer dimanche 5 janvier à la marche non silencieuse pour Sarah Halimi. Un défilé organisé en l’espace de quelques jours par Eddie Suissa et Jonathan Behar, deux militants de la communauté très actifs sur les réseaux sociaux depuis la décision du 19 décembre dernier de la cour d’appel de Paris de déclarer le meurtrier de la sexagénaire pénalement irresponsable parce qu’il était sous l’emprise de substances illicites et en proie « à une bouffée délirante » au moment des faits. 

   Dans le cortège se mêlent anonymes, personnalités (Marek Halter) et élus (Patrick Klugman, Geoffroy Boulard, François Pupponi, Isabelle Balkany…). On aperçoit également Daniel Knoll, le fils de Mireille Knoll. Les pancartes se comptent par dizaines et expriment la même amertume: « Envie de tuer votre voisin ? N’oubliez pas de fumer un joint avant, vous n’aurez aucune peine ». Ou plus sobrement : « Justice pour Sarah » et « Sarah tuée car juive ».  

   Tous ont répondu à l’appel de cette marche non silencieuse pour crier leur incompréhension. Leur désarroi. Leur indignation. Leur colère froide et contenue. Tous sont venus contester cette décision de justice et exigent que Kobili Traoré, aujourd’hui interné dans un hôpital psychiatrique, fasse l’objet d’un procès aux Assises.

   A la tribune, les discours s’enchaînent. William Attal raconte en détails les circonstances de l’assassinat de sa soeur intervenu dans la nuit du 3 au 4  avril 2017. « C’est un crime religieux, antisémite. Voilà ce que c’est le meurtre de ma soeur », résume-t-il devant la foule. L’écrivain Marek Halter regrette, lui, que l’assistance ne soit pas plus garnie. « Je suis surpris de ne pas voir de curés et d'imams », pointe-t-il. 


« Il faut rester mobilisés. J’espère que ce rassemblement en entraînera d’autres »

Quand le cortège arrive à l’ancien domicile de Sarah Halimi, rue de Vaucouleurs dans le quartier de Belleville, l’émotion est encore plus palpable sur les visages des manifestants. Beaucoup tiennent à allumer des bougies sous l’oeil des caméras de TF1 et de BFM TV. « Je dis bravo aux organisateurs. J’espère que ce rassemblement en entraînera d’autres. Il faut rester mobilisés et les officiels doivent davantage s’impliquer dans le futur pour faire bouger les choses », nous dit Bernard, la cinquantaine, juste après avoir entonné une vibrante Marseillaise. « C’était une belle mobilisation. Il faut que justice soit faite », insiste de son côté Sophie. « Quelques non-juifs ont fait le déplacement mais il est dommage de ne pas avoir vu les responsables communautaires durant cette marche », lâche Jérémy, la trentaine. Une chose est sûre du reste : Eddie Suissa et Jonathan Behar ont réussi leur pari qui était de « faire du bruit pour Sarah Halimi ». 

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