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18 Janvier 2020 | 21, Tevet 5780 | Mise à jour le 15/01/2020 à 17h37

Rubrique France/Politique

Frédéric Encel : « Le négationnisme est abject moralement et politiquement »

Crédit : DR

La Paris School of Business organise avec la LICRA ses 10e Assises nationales contrele négationnisme le vendredi 10 janvier au Palais du Luxembourg entre 9h30 et 17h30. Rencontre avec son fondateur, le docteur et professeur en géopolitique Frédéric Encel.

Actualité Juive : Pourquoi est-ce (encore) important de se positionner contre le négationnisme ?

Frédéric Encel : D’abord car moralement, c’est abject ; nier qu’un génocide s’est réellement produit, ou le minimiser, c’est tuer une seconde fois ses victimes tout en blessant les descendants et les rescapés. Ensuite car politiquement c’est toxique, accroissant la rancœur et avivant les antagonismes étatiques : Iran/Israël, Turquie et Azerbaïdjan/Arménie, Japon/Chine, etc.


A.J.: Pour faire écho au thème de ces 10e Assises – le négationnisme dans tous ses états – comment celui-ci a-t-il muté ces dernières années ?

F.E. : Grâce à la Loi Gayssot, le négationnisme brut a dû s’adapter en France. Ses ignobles tenants maugréent, minimisent ou « contextualisent » à outrance, abusant de circonlocutions afin d’échapper aux tribunaux. C’est bien sûr toujours au sein de l’extrême-gauche maoïste ou indigéniste, de l’extrême-droite fascisante, de la confrérie extrémiste des Frères musulmans et chez les idiots-utiles du repris de justice Alain Soral – certains personnages acceptant tranquillement des « débats » avec cet antisémite fanatique  - que perdure le négationnisme « classique », au côté de celui d’Etat. 


A.J.: Avec la disparition des derniers témoins directs de la Shoah, doit-on s’inquiéter du développement du négationnisme ?

F.E. : Pas forcément. Leur long et courageux travail de transmission n’a pas entravé tout à fait l’insidieux négationnisme... Quant aux futurs citoyens que sont les lycéens, ils pourront heureusement continuer, accompagnés de leurs professeurs, à découvrir la Shoah – et les génocides arménien et tutsi, ne les oublions pas – au Mémorial de la    Shoah dont je salue le travail exceptionnel, et de se rendre à Auschwitz puis sur d’autres lieux de mémoire, en France, en Arménie, au Rwanda ou même au Cambodge.


« Ses ignobles tenants font tout pour échapper aux tribunaux »


A.J.: Quels seront les moments forts de ces 10e Assises nationales ?

F.E. : Tous ! Bien sûr, l’allocution du ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse Jean-Michel Blanquer qui a immédiatement accepté d’intervenir et qui entretient un authentique souci de préservation et de transmission de la mémoire de la Shoah. Ce  sera un privilège rare. Notons aussi la présence de Mario Stasi, jeune président de la Licra qui défend comme un lion cet antiracisme universaliste aujourd’hui menacé, la présence aussi de Pierre-François Veil, président du précieux Comité Yad Vashem-France, de François Heilbronn, très combatif vice-président du Mémorial, et d’Armand Dehry, directeur de cette grande école de management, la PSB, où l’on forme aussi des citoyens. L’historien et chasseur de nazis célèbre, Serge Klarsfeld, et le rescapé d’Auschwitz Benjamin Orenstein, 94 ans, donneront aussi une dimension particulière à cet événement. Quant aux deux tables-rondes, elles réuniront historiens, diplomates, députés, éducateurs et rédacteurs en chef de renom. Le négationnisme ne passera pas. 


(1) Inscriptions obligatoires par téléphone : 01.53.82.57.02 ou par mail : j.taisson@psbedu.paris.

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