Default profile photo

30 Mars 2020 | 5, Nisan 5780 | Mise à jour le 29/03/2020 à 10h11

Rubrique Judaïsme

Parachath Vayéhi : L’accomplissement final

L'Egypte sauvée par Joseph. Plafond peint du Musée Charles X (Musée du Louvre), Paris.

A la lecture de notre paracha qui met en évidence l’action prépondérante que Yossef exerça en Egypte, il nous faut trouver un lien entre cette action et la parachath Béréchith. Comme nous l’avons souvent rapporté, il existe, en effet, une relation entre le début et la fin d’un même livre. Vayé’hi, dernière paracha du premier livre de la Thora, doit donc s’inscrire dans la continuité de Béréchith, la paracha qui relate la création du monde.

L’une des idées directrices de la Thora est celle qui met en valeur la finalité de toute créature. Qu’il s’agisse d’une plante, d’un animal ou d’un être humain, rien ne peut exister sans une mission affectée à cette créature. C’est la raison pour laquelle les Tables de la loi mettent en parallèle, sur le même plan, le premier et le sixième commandements, celui de croire en D.ieu et celui de ne pas tuer : l’une des nombreuses applications du commandement de croire en D.ieu (la Emouna) est la conviction que toute chose existe pour un but précis, fixé par D.ieu. Dès lors, par le meurtre d’un être humain, par le fait de détruire (gratuitement) une plante ou par l’acte de tuer un animal, on perturbe l’agencement de la création voulu par D.ieu et l’on remet, implicitement, en cause la volonté du Créateur. A plus forte raison, ce principe s’applique-t-il pour la création dans son ensemble ! Pourrait-on imaginer un seul instant que ce monde soit l’effet d’un formidable désordre, sans règles et sans devenir profondément réfléchi ? 


Les affaires du monde


La réponse, bien évidemment, est non. D.ieu créa ce monde pour une finalité qui trouvera son expression à la fin de Béréchith avec Yossef. Il est rapporté dans de nombreux textes que les patriarches étaient bergers pour ne pas être perturbés, spirituellement, par les turbulences du monde, à la différence de Yossef qui, toute sa vie resta attaché à D.ieu, tout en étant impliqué dans les « affaires du monde ». Bien plus. Il fit en sorte de transmettre cette capacité au peuple juif. L’allusion à cette volonté se trouve dans la parachath Vaygach. Quand Yossef révéla sa véritable identité à ses frères, il leur dit, entre autres, « …c’est pour vous nourrir que D.ieu m’a envoyé avant vous (en Egypte) » (1). La nourriture dont il est question ici doit être perçue dans sa dimension spirituelle. Yossef ouvrit la voie à ses frères pour leur  permettre, plus tard de rester fidèles à D.ieu dans le monde hostile de l’Egypte.


A la fin des temps


Néanmoins, Yossef alla plus loin : non seulement, il eut la capacité de rester intègre dans sa spiritualité mais il exerça, de plus, une domination sur son environnement puisqu’il parvint au niveau le plus haut de l’Etat égyptien (après le Pharaon). Là est le rapport entre le début et la fin du premier livre de la Thora : le monde ne fut créé que pour que le peuple juif exerce sur lui une autorité morale. On retrouve cette même idée avec le Rambam, (Maimonide) qui écrit, à la fin du Michné Thora que le Machia’h ramènera, non seulement le peuple juif dans le chemin de la Thora (2) mais aussi le monde entier dans le but d’amener les hommes de toutes nations à connaître D.ieu et à le servir (3). 


Notes

(1) Béréchith, chap.45,verset 5

(2) Début du chap. 11 des Lois des rois

(3) Fin du parag.4

Powered by Edreams Factory