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08 Août 2020 | 18, Av 5780 | Mise à jour le 04/08/2020 à 22h39

Chabbat Réé : 20h49 - 21h58

Rubrique Moyen-Orient/Monde

G.W. Goldnadel : Antisémitisme USA/ France : points communs et différences

G.W. Goldnadel (DR)

Le billet de la semaine par G.W. Goldnadel, Président d’honneur de France-Israël et d’Avocats Sans Frontières.

L'antisémitisme aux États-Unis présente une triste originalité : il marie le présent et le passé.

Il existe en effet aux USA un antisémitisme d'extrême-droite que l'on appelle suprémacisme blanc et qui est à la fois violent et puissant. Il est d'origine ancienne, comme en atteste le Ku Klux Klan.

Les attentats de Seattle et de Pittsburgh en sont les témoins.

À ses côtés cohabite un antisémitisme tout aussi violent que l'on peut colorer en noir ou en vert islamique. Les récents attentats de New York contre des établissements casher et une synagogue en sont l'illustration. Cet antisémitisme-là n'est pas né d'hier puisque des leaders noirs comme Farrakhan appellent à la haine des juifs depuis plus de 20 ans. Idem pour le démocrate noir Jesse Jackson grand ami d'extrémistes palestiniens et auteur de déclarations antijuives telles que « Youpinville » (« Hymitown ») pour évoquer New York.

D'une certaine manière, drames de l'anachronisme, l'antisémite blanc voit encore le juif comme une espèce de métèque, alors que l'antisémite noir ou musulman, ou les deux à la fois, comme le mouvement Black Muslim, voit le juif à travers sa réussite fantasmée où les succès militaires d’Israël comme un blanc au carré.

La France, tout au rebours, ignore depuis 1945 l'antisémitisme violent d'extrême-droite.

Cela fait le désespoir de la gauche, y compris de la gauche juive, mais c'est ainsi.

Il existe bien entendu un antisémitisme d'extrême-droite résiduel, mais il n'a pas fait couler une seule goutte de sang juif depuis 1945. Ce n'est pas le cas de l'antisémitisme islamique auteur de grands massacres, d'assassinats ou d'agressions violentes qu’il n'est pas la peine d'énumérer dans ces colonnes qui les répertorient hélas hebdomadairement. 



« L’antisémite noir ou musulman voit le juif à travers sa réussite fantasmée »

Mais le point commun qui réunit encore la France et les USA en la matière, c'est leur manière d'appréhender les deux phénomènes. Et ce compris dans leurs communautés juives organisées respectives.

L'antisémitisme blanc est décrit, nommé et dénoncé tandis que l'antisémitisme coloré est euphémisé et minimisé. Il faut voir dans cette différence de traitement non seulement la crainte d'être taxé de raciste mais encore une sorte de racisme antiblanc très en vogue dans les médias gauchisants et les universités.

Aux USA, les juifs américains sont divisés selon qu'ils sont démocrates ou républicains. Et la classe politique américaine est plus prompte à dénoncer l'antisémitisme d'extrême-droite et même à en incriminer Trump que celui que l'on ne nomme pas.

C'est ainsi que le Jerusalem Post du 30 décembre racontait la mésaventure de la députée démocrate Rashida Tlaib qui avait commencé par condamner l'antisémitisme blanc à la suite de l'attentat contre le magasin casher, mais avait ensuite prestement effacé son tweet en découvrant que son auteur était noir…

En France, après bien des errements, le CRIF, bien trop lentement, commence, à travers l'affaire Corbyn, à découvrir l'antisémitisme d'extrême-gauche en général et celui de Monsieur Mélenchon en particulier. Je n'aurais passé que 30 ans à tenter de lui expliquer. Mieux vaut tard que jamais.

Mais la palme du daltonisme sera décernée sans conteste au journal Le Monde : celui-ci en effet aura caché à ses lecteurs l'identité afro-américaine des agresseurs des attentats de New York.

Or, le même journaliste, le 29 octobre 2018, soulignait lourdement que les auteurs des attentats contre les synagogues de Pittsburgh et de Seattle étaient blancs.

Preuve est ainsi faite que ce qui préoccupe les prétendus antiracistes, ce n'est pas le corps du juif agressé, mais seulement la tête de son agresseur.

Puissent les juifs et leurs véritables amis ne plus être dupes de ce vilain déni. 


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