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29 Mars 2020 | 4, Nisan 5780 | Mise à jour le 27/03/2020 à 15h13

Rubrique Culture/Télé

Comment dit-on sorcier en Yiddish* ?

La traduction est signée par un professeur américain de Yiddish, Arun Viswanath (DR)

Désormais on peut suivre les fabuleuses aventures d'Harry Potter en Yiddish. Et ce n'est pas de la sorcellerie.

Il y a 23 ans sortait le 1er tome de la série des Harry Potter. Depuis, plus de 500 millions d'exemplaires des 7 livres de la saga écrite par J.K Rowling ont été vendus, en 82 langues, italien, français, espagnol, catalan, hébreu, latin et même grec ancien. Et voici la 83ème, le Yiddish ! La traduction est signée par un professeur américain de Yiddish, Arun Viswanath, juif orthodoxe de 29 ans, fils du poète Gitl Schaechter-Viswanath. C'est son épouse qui lui inspire l'idée il y a près de deux ans. "Tu veux vraiment enseigner à des enfants une langue qui n'a pas d'Harry Potter ?".        Il la soumet alors à Neil Blair, l'agent de l'écrivaine, qui est séduit. Il apprend que les droits de traduction ont déjà été accordés à la maison d'édition suédoise  Olniansky Tekstune. Pourquoi suédoise ? Car depuis 1999 le Yiddish est langue officielle minoritaire en Suède. Et la Loi oblige à ce que chaque ouvrage financé par le gouvernement soit aussi traduit en yiddish comme ce fut le cas pour le Hobbit. L'agent apprend aussi qu'un traducteur travaille déjà sur le 1er livre de la série - Harry Potter et la pierre philosophale en anglais - en français l'Ecole des Sorciers. C'est finalement la version de Viswanath qui est retenue. 18 mois de travail sont nécessaires. Et dernièrement le livre sort sous le titre «Harry Potter oun der philosophicher schtein». 

La plus grosse difficulté : traduire des mots ou expressions sortis tout droit de l'imagination de Rowling. Par exemple, le quidditch, le sport de balle fictif au quel s'adonnent, sur des balais volants, les élèves de l'école de sorcellerie Poudlard, devient shees–bezem. La contraction d'un adage yiddish. "Az Got vil sheest a bezem“- Si D-ieu le veut, même un balai peut tirer. L'idée étant tel un pistolet. 

Les 1000 préventes se sont écoulées en moins de 48 heures. "C'est juste incroyable pour un livre en yiddish qui ne soit pas hassidique" s'est félicité l'éditeur suédois.

En effet, les livres traduits en Yiddish qui ne relèvent pas du monde thoranique, sont souvent publiés à seulement quelques dizaines ou centaines d'exemplaires voire à compte d'auteur. Vu le succès, une réédition est imminente et les autres titres de la saga devraient eux se décliner en mamelochn**.

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