Default profile photo

03 Décembre 2020 | 17, Kislev 5781 | Mise à jour le 04/08/2020 à 22h39

Rubrique Culture/Télé

Yves Azeroual : « Je vis un rêve enchanteur avec ce premier roman »

Auteur de nombreux essais et documentaires, Yves Azeroual surprend ses lecteurs avec ce premier roman. Roman policier, enquête à Jérusalem sur fond de réalité historique, le héros Yirhiel Azriel, sorte de double parfois un brin naïf de l’auteur, nous révèle la véritable histoire du mufti de Jérusalem. Personnage trouble qui a participé au génocide arménien, et a ardemment souhaité exterminer les Juifs du Moyen Orient, Husseini, soutien véhément des nazis, a échappé à toutes les justices du monde.

Actualité Juive : Qu’est ce qui vous a amené à écrire un roman historique sur le grand mufti de Jérusalem, personnage controversé et peu connu du grand public ?

Yves Azeroual :  En parcourant la Toile, je suis tombé par hasard sur une information relatant la vente aux enchères de 6 photos inédites du grand mufti Hadj Amine al-Husseini visitant un camp vers 1943, entouré de dignitaires nazis et de collaborateurs du régime. Dans ce court article, j’ai trouvé peu d’informations évoquant le passé trouble de ce prédicateur. De plus, que cette vente ait eu lieu à Jérusalem, en 2017, m’a conduit à y voir le prétexte d’un bon thriller.  Passionné d’histoire et de littérature, j’ai pendant un an côtoyé ce diable...


A.J.: Pourquoi avoir choisi cette écriture mi-roman, mi histoire ?

Y.A : Parce que justement, la vie et « l’œuvre » du mufti, personnage adulé par les uns et haï par d’autres, se prêtent à cet exercice littéraire : tout est roman chez lui. Roman noir, évidemment ! Mais mon héros - Yirhiel Azriel -, journaliste en quête de son identité juive ne pouvait pas mener l’enquête sur les traces de ce mufti et de ces 6 clichés sans que la part historique ne soit présente et irréprochable. Tous les éléments biographiques et politiques que je distille tout au long de mon roman - du pogrom de Hébron en 1929 jusqu’à son exil en France après-guerre sans oublier sa collaboration avec le régime nazi - sont authentiques. J’ai exhumé des archives inédites, des documents oubliés. Puis mon travail de romancier a fait le reste pour que l’intrigue et l’histoire se mêlent, je l’espère, harmonieusement.


A.J.: Vous identifiez-vous au héros de votre roman ?

Y.A : J’aurais en tout cas bien aimé vivre ce que vit mon héros. « Madame Bovary c’est moi », aurait dit Flaubert... Disons que Yirhiel Azriel dans sa quête de la vérité et son combat contre les totalitarismes et la haine des Juifs me ressemble étrangement...  Pour ce premier roman j’ai voulu maîtriser le sujet : Israël, l’Histoire, les alliances entre néo-nazis et islamistes radicaux sont des domaines que j’explore depuis de nombreuses années. J’étais, disons, en terrain conquis.


A.J.: Comment est accueilli votre livre, on sait le côté tabou des médias en général sur ce sujet ?

Y.A : La presse est élogieuse. Et plus encore le retour des lectrices-eurs. Mufti vient de paraître, l’éditeur a lancé une deuxième impression, et déjà à l’étranger des maisons d’édition s’y intéressent. On m’a même dit qu’un producteur de films et de séries s’intéressait aux droits d’adaptation. Je vis un rêve enchanteur avec ce premier roman. 


Yves Azeroual, « Mufti »  Le Passeur Editeur, 292 p, 21euros

Powered by Edreams Factory