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03 Décembre 2020 | 17, Kislev 5781 | Mise à jour le 04/08/2020 à 22h39

Rubrique France/Politique

La nouvelle sémantique d’Emmanuel Macron contre l’islam politique

(Capture d'écran)

À Mulhouse, le 18 février dernier, le président de la République s’est exprimé sur un sujet sur lequel il était attendu depuis longtemps et qu’il était important de déminer avant les élections municipales.

Le choix sémantique, longtemps réfléchi et audacieux, confirme la volonté du chef de l’État d’affronter le problème tel qu’il existe. En choisissant d’évoquer le « séparatisme islamiste » et d’énoncer des mesures pour lutter contre, Emmanuel Macron a refusé de renvoyer les communautés dos-à-dos dans leur façon de se soumettre aux principes de la laïcité. 

Ainsi, à Mulhouse le 18 février dernier, après avoir passé la journée à rencontrer des habitants et des associations musulmanes, le président de la République a enfin pris la parole sur ce sujet miné. « Il y a depuis plusieurs décennies au nom d'une religion non pas l'exercice simplement d'une religion, mais la volonté de ne plus respecter la loi chez certains, une manipulation du fait religieux qui, en utilisant ou bien la religion elle-même ou bien l'éducation, le sport, les activités associatives ou autres, consiste en quelque sorte à construire un projet de séparation de la République », a-t-il déclaré. 

« Nous pouvons avoir dans la République française des communautés. (…) Elles sont une forme d’identité en plus qui est compatible avec la République et il ne s’agit pas ici de les stigmatiser. Le problème que nous avons, c’est quand au nom d'une religion ou d'une appartenance, on veut se séparer de la République, donc ne plus en respecter les lois et donc qu'on menace la possibilité de vivre ensemble en République à cet égard, qu'on en sort soi-même, mais qu'on menace la possibilité pour les autres de le faire. C'est pourquoi notre ennemi est, à ce titre, le séparatisme. (…). Dans la République, on ne doit jamais accepter que les lois de la religion puissent être supérieures aux lois de la République. C'est aussi simple que ça ». 

Emmanuel Macron a ensuite annoncé toute une série de mesures visant à mettre fin à cette dérive. Parmi elles, la suppression des enseignements de langue et culture d’origine (ELCO) qui selon le président ne peuvent « faire l’objet d’aucun contrôle » et la sortie progressive du système des imams « détachés » par des pays étrangers (la Turquie, l’Algérie et le Maroc) afin d’avoir des imams formés en France, « respectueux de la République ». Des « mesures fortes », devraient également être prises pour mieux contrôler les financements étrangers des lieux de cultes et garantir leur pleine transparence. 

Alors que le nombre de listes dites « communautaristes » présentées aux élections municipales est en forte augmentation et que le clientélisme de certains candidats à la mairie est pointé du doigt, le discours d’Emmanuel Macron apparaît comme une réponse à ceux qui douteraient de sa prise de conscience du problème islamiste en France. Reste à voir désormais si les mesures pour l’endiguer seront suffisantes.

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