Default profile photo

03 Avril 2020 | 9, Nisan 5780 | Mise à jour le 03/04/2020 à 17h15

Rubrique France/Politique

Campagne contre l’abattage des animaux : L214 durcit son Offensive

L’association a filmé pour la première fois dans un abattoir qui pratique l’abattage rituel. (Ll214)

L’association animaliste qui diffuse régulièrement des vidéos tournées dans des abattoirs vient de franchir une nouvelle étape en dénonçant l’abattage rituel.

A chaque diffusion de ses vidéos, L214 provoque l’émoi de l’opinion publique et le dégoût des consommateurs de viande. Jusqu’à présent, ces vidéos n’étaient tournées que dans des abattoirs qui ne pratiquaient pas d’abattage rituel, ce qui pouvait donner l’illusion que celui-ci était épargné des critiques de l’association antispéciste. Mais le 20 février dernier, l’association de défense du bien-être animal vient de passer un nouveau cap en diffusant un film d’une dizaine de minutes tourné dans l’abattoir Sobeval. Situé en Dordogne, cet abattoir industriel spécialisé dans la viande de veau pratique aussi bien l’abattage standard que rituel, cacher et halal. 

Ce film entend dénoncer des « pratiques cruelles et illégales » qui « impliquent une souffrance accrue des animaux », explique L214. Ainsi y voit-on notamment des veaux égorgés sans étourdissement préalable qui semblent présenter « des signes de conscience ou de sensibilité », dixit l’association, après avoir été suspendus à la chaîne d’abattage.

Pour le grand rabbin Bruno Fiszon, ces images, tournées dans un abattoir qu’il connaît bien (les services vétérinaires y sont présents tout au long du processus d’abattage rituel), ne représentent pas la réalité des faits. « Lorsque l’on voit des bêtes bouger après la saignée, on a l’impression qu’elles se débattent. Or, il s’agit de mouvements réflexes qui ne signifient pas qu’elles souffrent », explique le vétérinaire, qui représente le Consistoire au Comité national d’éthique des abattoirs. 

Également mise en cause par cette vidéo pour manquement, la préfecture de Dordogne a publié un communiqué rappelant qu’il n’y avait « pas de mise en évidence de non-conformité à la règlementation ». Quant à l’entreprise Sobeval incriminée par L214, elle a annoncé n’avoir « d’autre choix que de porter plainte pour diffamation ». 

Aussi choquante que puisse être cette vidéo, elle a néanmoins le mérite de montrer une réalité que les opposants à l’abattage rituel refusent d’admettre, à savoir les souffrances qu’induit l’étourdissement préalable des bêtes. Sur le film, on voit en effet un technicien devant s’y prendre à trois fois avant de parvenir à étourdir un veau à l’aide d’une tige perforante. Si elle doit être menée, la lutte contre l’abattage des animaux doit donc être pensée dans sa globalité et non pas viser uniquement les procédés rituels.

Powered by Edreams Factory