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04 Avril 2020 | 10, Nisan 5780 | Mise à jour le 03/04/2020 à 17h15

Rubrique Israël

Plan Trump, l'incertitude : Entre paix et insécurité

6 février 2020 : lieu de l’attentat proche de la porte des lions à Jérusalem (Flash90.)

Tensions sécuritaires, diplomatiques et élections : Israël se retrouve au cœur d'un mélange détonant, où les priorités se confondent. Les attentats du 6 février ont fait office de catalyseur.

Pas d'annexion avant les élections ni sans l'accord des Américains. Benyamin Netanyahou a finalement cédé aux pressions de Washington et reporté la mesure d'application de la souveraineté sur une partie des localités de Judée-Samarie, qu'il prévoyait de soumettre au gouvernement. A temps pour ne pas perdre le bénéfice du soutien des Etats-Unis qui veulent faire avancer coûte que coûte leur plan de paix, mais trop tard pour prévenir les violences palestiniennes qui ont réveillé chez les Israéliens la crainte d'une nouvelle vague d'attaques terroristes. 

Le 6 février, en l'espace de quelques heures, le pays a essuyé trois attentats, qui auraient pu être meurtriers. L'attaque à la voiture bélier perpétrée par un Arabe de Jérusalem-Est dans le sud de la capitale israélienne, a fait douze blessés, tous des soldats de la brigade Golani, venus participer à la cérémonie de prestation de serment qui marque la fin de leurs classes. Puis, c'est un Arabe israélien de Haïfa, récemment converti à l'islam, qui a ouvert le feu sur les policiers qui gardaient l'entrée du Mt du Temple. Il n'a fait qu'un blessé léger avant d'être abattu. Enfin, près de l'implantation de Dolev en Samarie, un Palestinien a ouvert le feu sur des soldats qui tenaient un checkpoint, faisant un blessé léger, avant de prendre la fuite. Le terroriste voulait apparemment tuer des civils israéliens.

Ce réveil terroriste à Jérusalem et en Judée-Samarie était attendu par les forces de sécurité israéliennes, déjà sollicitées par les violences quotidiennes du Hamas sur le front de Gaza. Il ne se passe pratiquement pas un jour sans que l'ouest du Néguev soit visé par un tir de roquette ou de mortier. Les ballons incendiaires et explosifs menacent la population israélienne des localités voisines du territoire palestinien, et parfois même plus loin à l'intérieur. 

Pour Israël, il s'agit de contenir les deux foyers de violence en évitant qu'ils s'alimentent l'un l'autre. Face à Gaza, les messages se font plus menaçants. Lors du conseil des ministres du 9 février, le chef du gouvernement israélien n'a pas exclu une opération militaire d'envergure contre le Hamas. Mais dans le même temps, l'Egypte reprend son rôle de médiateur en envoyant à Gaza pour la première fois depuis des mois, une délégation de hauts responsables pour faire comprendre au mouvement islamiste palestinien, qu'il doit arrêter de jouer avec le feu.

Avec les territoires contrôlés par l'Autorité Palestinienne, le jeu est plus complexe. Il faut enrayer la propagation des attaques terroristes, mais aussi maintenir au plus bas les risques de friction entre émeutiers palestiniens et soldats israéliens aux abords des agglomérations palestiniennes. Tant que l'Autonomie, en dépit de ses menaces, ne rompt pas sa coopération sécuritaire avec Israël et qu'elle n'appelle pas ouvertement à la confrontation sur le terrain, la situation reste contrôlable. Pourtant, les deux camps sont aussi engagés dans un début de guerre commerciale. A l'arrêt de l'importation de viande bovine israélienne par le gouvernement de Ramallah, le ministre israélien de la Défense a répondu en interdisant l'importation de produits agricoles de l'Autonomie, puis par le blocage des exportations palestiniennes vers la Jordanie.

Autant de tensions qui exacerbent le débat politique, à moins de trois semaines des élections, tout en soulignant sa confusion. La droite qui avait commencé par applaudir le plan de paix américain en espérant une annexion immédiate des implantations de Judée-Samarie, perd son atout électoral. Le parti centriste, qui a également soutenu le plan Trump, n'est plus aussi sûr qu'il réponde aux attentes de son électorat. Alors, les deux blocs préfèrent se renvoyer mutuellement la responsabilité du sentiment d'insécurité qui gagne de nouveau les Israéliens. 

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