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05 Juillet 2020 | 13, Tammuz 5780 | Mise à jour le 05/07/2020 à 07h53

Jeûne du 17 Tamouz : 03h25 - 22h45

Rubrique Israël

Les partis à l'entrée de la dernière ligne droite

(Flash90.)

Alors que les deux blocs – droite et gauche – sont toujours au coude-à-coude, la campagne devrait s'animer à l'approche du scrutin.

Les Israéliens sont fatigués des élections et apparemment les politiciens aussi. La campagne est morne et ne semble plus intéresser grand monde. En effet, c'est la troisième fois en un an que les citoyens de l'Etat hébreu sont appelés aux urnes pour élire leurs représentants à la Knesset, et si l'on en croit les sondages, les résultats de ce vote ne devraient guère différer de ceux des deux précédents scrutins. C'est pourquoi, la plupart des partis attendent la dernière minute pour lancer leur grande offensive qui devrait débuter deux semaines avant les élections.

Les sondages se suivent et se ressemblent. Certains accordent un léger avantage à l'un des deux camps mais ni la droite ni la gauche ne semblent être en mesure de réunir une majorité sans le soutien d'Avigdor Lieberman, du parti de droite russophone Israël Beteinou, qui reste l'arbitre de la situation et semble apprécier cette position. 

Dans toutes les enquêtes, le parti Bleu Blanc de Benny Gantz conserve un léger avantage d'environ deux sièges sur le Likoud mais les deux formations dépassent chacune largement les 30 mandats et pourraient sans difficulté constituer ensemble un gouvernement, si Benny Gantz ne refusait pas de s'allier avec Binyamin Netanyahou. 

A droite, les trois partis religieux sont crédités chacun de sept à huit sièges, tandis qu'à gauche la liste formée par Meretz avec le Parti travailliste et Guesher devrait obtenir 8 à 10 mandats. La Liste arabe unifiée devrait conserver ses 13 députés. Quant à Avigdor Lieberman, il pourrait, selon certains sondages, gagner ou perdre un ou deux des huit mandats dont il dispose actuellement. 

En ce qui concerne les listes de candidats, la Haute Cour de justice a autorisé deux femmes, dont les candidatures avaient été annulées par la commission de contrôle des élections, à se présenter. Il s'agit de la députée Hiba Yazbak de la Liste arabe unifiée et de Larissa Trimbobler-Amir, l'épouse de l'assassin d'Itzhak Rabin, Yigal Amir, qui souhaite courir sur sa propre liste. 

Les dirigeants du parti Bleu Blanc s'abstiennent la plupart du temps de toute déclaration significative. Ce silence leur permet de dissimuler l'hétérogénéité de leur formation et de préserver une certaine ambiguïté sur leurs positions, qui doit leur permettre d'attirer des publics variés.  

Ils comptent se lancer dans une campagne intensive au cours des deux semaines précédant le scrutin. Leur propagande sera axée sur deux thèmes : un dossier social, celui de la santé, et un sujet plus politique, les procès que M. Netanyahou devra affronter dans les prochains mois. 

Les Israéliens sont fatigués des élections et apparemment les politiciens aussi

Au Likoud, Binyamin Netanyahou a opté pour un retour sur le terrain et il multiplie les réunions électorales un peu partout dans le pays. Le second axe de sa campagne est son image d'homme d'Etat. Il a notamment cherché à la valoriser lors de son récent voyage à Washington où il a rencontré le président Trump à l'occasion de la publication de son plan de paix pour le Proche-Orient, ou lors de sa visite à Moscou d'où il a ramené la jeune Naama Issahar ou encore lors de sa rencontre à Entebbe avec le chef d'Etat soudanais. 

Le troisième volet de sa campagne s'apparente un peu à la méthode Coué. Il s'agit de convaincre les électeurs que le bloc de droite peut obtenir 61 mandats, soit la majorité absolue à la Knesset, afin d'inciter ainsi les abstentionnistes potentiels à aller voter. Dans cette dernière ligne droite, les deux grandes formations vont viser un même public le centre-droite que l'on appelle ici "la droite molle". C'est ce public, qui se situe à la charnière entre les deux blocs, que chacun va s'efforcer de conquérir. M. Gantz ne devrait pas être lésé par cette approche car les électeurs qui risquent de l'abandonner devraient voter pour la liste Meretz-travaillistes qui le soutient. De même, après le report de ses projets d'annexion, Binyamin Netanyahou risque de perdre des électeurs de droite mais ils devraient reporter leurs suffrages sur ses alliés. 

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