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29 Mars 2020 | 4, Nisan 5780 | Mise à jour le 27/03/2020 à 15h13

Rubrique Israël

Le virus du monde

En Israël, la priorité numéro un est d'empêcher l'entrée du virus. (Flash90.)

Le monde entier surveille la propagation de l’épidémie du nouveau coronavirus venu de Chine. En quelques semaines, la menace a mis en évidence, en Israël comme ailleurs, les limites des politiques sanitaires, mais aussi celles d'une économie mondialisée, devenue dépendante de la Chine.

Tout a commencé dans la ville chinoise de Wuhan, par des cas de pneumonie d'origine inconnue. Le 31 décembre dernier, la Chine fait remonter l'information vers l'Organisation Mondiale de la Santé. Rapidement, le coronavirus s'étend à l'intérieur de la Chine et des voyageurs revenant de zones infectées deviennent le vecteur du virus. C'est le 30 janvier que l'OMS décide de déclarer l'état d'urgence sanitaire, alors que vingt-cinq pays sont touchés. Le virus Covid-19 est désormais une épidémie.

Tandis que la Chine met en quarantaine des agglomérations entières, principalement dans la province de Hubei, à l'extérieur, les autres pays prennent des mesures pour contenir la propagation du virus. Pourtant, les cas déclarés restent limités hors de Chine. Pour plus de 70.000 recensés dans la République populaire, ils sont seulement un peu plus d'un millier dans le reste du monde. 

De plus, le virus ne s'attaque pas également à toutes les populations. Il semble toucher en priorité les adultes âgés, tandis que les enfants sont les moins atteints. En outre, le taux de létalité apparaît moins important que ce que l'on avait pu redouter, avec 1.700 cas de décès en Chine et moins d'une dizaine dans le reste du monde. Quant au taux de guérison, il est en hausse avec plus de 11.000 cas constatés, sans que l'on ait encore trouvé de traitement pour la maladie.

En Israël, comme ailleurs et peut-être encore plus qu'ailleurs, la priorité numéro un est d'empêcher l'entrée du virus. Dans ce petit pays, où plus de 60% de la population vit dans la zone urbaine de la plaine côtière, la propagation risquerait de devenir rapidement incontrôlable. C'est ce qui explique les mesures préventives particulièrement sévères prises dès le début, sur l'impulsion du ministère de la Santé. El Al a fait partie des premières compagnies aériennes du monde à suspendre ses liaisons avec la Chine. La fermeture des frontières aux ressortissants chinois et étrangers en provenance de Chine, puis de Thaïlande, Singapour, Hong Kong et Macao a fait à plusieurs reprises frôler l'incident diplomatique, notamment avec Pékin. Et le ministère des Affaires étrangères n'a pas manqué de dénoncer l'excès de zèle de ses collègues de la Santé. 



Ils seront tous placés en quarantaine pour 14 jours à l’hôpital Sheba

C'est aussi ce risque de propagation qui explique la décision des autorités sanitaires israéliennes de ne pas rapatrier les trois ressortissants israéliens contaminés par le coronavirus sur le paquebot Diamond Princess, principal foyer d'infection hors de Chine, et immobilisé depuis deux semaines dans la baie de Yokohama. Quant aux douze autres passagers israéliens, attendus en Israël à la fin de la semaine, ils seront tous placés en quarantaine pour 14 jours supplémentaires à l'hôpital Sheba Tel Hashomer. Jusqu'à présent, les seuls Israéliens infectés, sont ceux qui se trouvaient à bord du navire japonais. Selon l'institut allemand de recherches Robert Koch, même si la propagation du virus est difficile à modéliser, Israël serait en queue de peloton avec la Suède et la Mongolie, des pays à risque de contamination.

Le nouveau coronavirus pose en tout cas de nombreuses questions sur l'interdépendance dans un monde globalisé. Il n'existe pratiquement plus un pays qui ne dépende de la Chine pour son industrie, ses télécommunications et même l'ensemble de son économie. La production chinoise de masse et à très bon marché a permis de booster la consommation mondiale, mais a du même coup fragilisé l'ensemble du système. Si la Chine n'est plus en mesure de produire à son rythme normal, si la circulation des personnes et des marchandises est impactée par les risques de propagation de la maladie, c'est une réaction en chaîne qui risque de se développer, au-delà de la situation sanitaire.

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