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04 Avril 2020 | 10, Nisan 5780 | Mise à jour le 03/04/2020 à 17h15

Rubrique Judaïsme

Parachath Béchala’h 5780: Une mer pas si rouge

(DR)

C’est l’un des plus grands miracles rapportés dans le texte biblique. Il décrit, sept jours après la sortie d’Egypte, la traversée d’une mer par les enfants d’Israël. Des murs d’eau se figèrent pour laisser un passage au peuple qui fuyait l’armée égyptienne. La terre devint sèche, des arbres poussèrent et donnèrent des fruits que les enfants mangèrent. Mais comme le Talmud le remarque, cette traversée n’avait aucun intérêt, d’autant plus que cette mer n’était pas rouge…

Mais commençons par la géographie. L’expression « mer Rouge » est, dirions-nous, une appellation de label incontrôlée. Le texte de la Thora la désigne, en effet, sous le terme de « Yam souf » ou « mer des Joncs » mais à aucun moment l’expression « mer Rouge » n’apparaît dans la Thora. La (véritable) mer Rouge est une mer qui sépare, de nos jours, l’Afrique de l’Asie ou plus exactement l’Egypte de l’Arabie Saoudite. Allons plus loin : la mer que les enfants d’Israël traversèrent n’existe plus car elle ne fut créée que pour l’événement. Mais la dimension de cet événement est plus que surprenante.


Unifier les mondes


Nos Maîtres nous expliquent que la traversée de la mer n’était pas une nécessité absolue parce qu’en fait, elle se fit en demi-cercle. Les enfants d’Israël pénétrèrent dans la mer en formant un demi-cercle pour, au final, revenir sur la même rive (1). Et les commentateurs d’éclaircir ce point : cette traversée n’était qu’une préparation au don de la Thora. Il est rapporté dans différents ouvrages qu’avant le don de la Thora, les mondes spirituels (cachés) étaient totalement coupés des mondes matériels (dévoilés)  et lorsque D.ieu donna la Thora, il créa un lien entre ces deux mondes. En guise de préparation à ce nouveau lien, c’est ce qui se produisit lors de la traversée de la mer : la terre sèche, symbole des mondes dévoilés s’unifia avec la mer, symbole des mondes cachés. Les deux furent visibles en même temps !


Une traversée intérieure


Il doit en être de même pour nous, dans notre service de D.ieu personnel. Nous devons, nous aussi, ouvrir notre mer intérieure. C'est-à-dire, révéler nos forces intellectuelles et émotionnelles, cachées au fond de notre personnalité, pour en faire un usage quotidien et palpable avec D.ieu et notre prochain. C’est là le prolongement de la sortie d’Egypte. 


Note : 

 (1)   Commentaires des Tossfoth, Traité talmudique Ar’hine, p. 15a, dibbour hamat’hil Kéchem

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