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24 Septembre 2020 | 6, Tishri 5781 | Mise à jour le 04/08/2020 à 22h39

Chabbat Haazinou - Chabbat Chouva : 19h06 - 20h09

Rubrique Judaïsme

Parachath Térouma : Une Arche vivante

(DR)

Au cœur du Michkane, le Temple du désert, se trouvait un objet très particulier. Alors que tous ceux qui s’y trouvaient, avaient une fonction précise, cet objet lui, ne servait… à rien ! Il était posé dans le lieu le plus saint et échappait à la vue de tout homme (1). Pourtant, nos Maîtres lui attribuent une valeur hautement symbolique qui donne à la vie juive toute sa vitalité. C’était le Arone, l’Arche sainte qui évoque l’étude de notre sainte Thora. Et là, divers détails nous indiqueront de quelle manière doit être vécue cette sagesse.

Evoquons d’abord sa structure matérielle : sa longueur était de 1m.25 (deux coudées et demie), sa largeur était de 75 cm (une coudée et demie) et sa hauteur de 75 cm (une coudée et demie). Deux longues barres entouraient sa longueur qu’il était interdit de retirer aussitôt placées. Enfin, l’Arche sainte contenait les Tables de la Loi. Elle symbolise donc la Thora et son étude. Voyons à présent, quelle doit être la teneur de cette étude, à travers plusieurs détails relatifs à cet objet.

Le Midrash et de nombreux commentateurs remarquent que toutes les mesures de l’Arche étaient des mesures brisées (deux coudées et demie) ou une coudée et demie). C’est là une allusion pour nous rappeler que la Thora n’est pas une culture ou une tradition littéraire du peuple juif qui se lirait paisiblement pour connaître l’héritage du passé. La connaissance de la Thora est avant tout une étude dont l’essence et la compréhension authentique ne sont possibles que par l’effort : il faut « briser » sa paresse et sa légèreté intellectuelle pour réellement la comprendre. De plus, ces demi-mesures doivent constamment agir comme un signal : le fond de notre étude doit lui aussi être « brisé », c'est-à-dire être conscient qu’elle n’est jamais aboutie, jamais parfaite et qu’elle n’est qu’à mi-chemin de la vérité. Mais dans le même temps, l’étudiant (jeune ou âgé) ne doit jamais rechercher une gloire personnelle à travers cette étude. Comme l’Arche qui n’existait pas (fonctionnellement) au sein du Michkane, un Juif qui étudie la Thora doit s’effacer derrière elle et ne jamais mettre en avant sa propre existence.

Tout en fait, réside dans un subtil équilibre de sa personne. On doit investir nos forces intellectuelles et émotionnelles dans l’étude au point de s’y épuiser, selon les mots de la Thora tout en cultivant, en permanence, un sincère sentiment d’humilité devant la grandeur infinie de la Thora. Mais il faut se rappeler que la Thora n’est pas un héritage personnel : il faut la faire descendre dans le monde pour la partager avec ceux qui en sont encore éloignés. C’est pourquoi, les barres qui servaient au transport de l’Arche étaient placées en permanence dans leurs anneaux. Dans le cas où un Juif se trouve en détresse, par un manque de judaïsme, on devra s’empresser de lui apporter la Thora, sans perdre le temps de placer les barres dans leurs anneaux, selon la formule talmudique « Les gens zélés dans l’accomplissement des mitzvoth s’empressent de les accomplir ». 


Note : 

  1. A l’exception du Cohen Gadol  qui posait devant lui des encens le jour de Kippour.
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