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21 Février 2020 | 26, Shevat 5780 | Mise à jour le 19/02/2020 à 18h14

Rubrique Sport

Peter Paltchik : « Je fais toujours tout pour gagner et ainsi faire entendre l'Hatikva quel que soit l'endroit du monde où je me trouve »

Retenez-bien le nom de ce judoka israélien si ce n'est pas encore fait. Arrivé en Israël à l'âge de 9 mois depuis Yalta en Crimée, Peter Paltchik a décroché, dimanche, la médaille d’or au Grand Slam de Paris, dans la catégorie Poids mi-lourd. Se hissant à la 4ème place des moins de 100 kilos, juste derrière le Géorgien Varlam Liparteliani, dont il a triomphé en finale. Et gagnant son billet pour les J.O de Tokyo. Quelques heures après son retour de Paris, il a accepté de nous confier ses impressions et ses espoirs.

Actualité juive :  Avec quelles impressions vous revenez de Paris ?

Peter Paltchik : Le tournoi de Paris est la plus prestigieuse compétition de judo au monde. Tant par le nombre de concurrents, que par leur niveau. L'équivalent des Championnats du Monde. C'était très émouvant de voir que des Israéliens avaient fait le déplacement pour venir me soutenir et de nombreux membres de la communauté juive parisienne aussi. De plus concourir à Paris est très important pour moi car c'est aussi une façon de rendre hommage à Laurent Lévy, le président d'Optical Center, un ami indéfectible d'Israël, qui est l'un de mes sponsors. Et qui m'est très cher. Il était bien sûr dans la salle et très ému de ma victoire.


A.J.: Cette victoire vous fait bénéficier d'un bonus de 1000 points pour les JO de Tokyo cet été.  Etes-vous sûr d'y participer ?

P.P. : Oui. Nous sommes 4 judokas israéliens à avoir déjà notre billet en poche. Nous espérons être 6 à la fin. Mais ce n'est pas une raison pour me reposer sur mes lauriers. J'ai encore de 2 à 3 compétitions jusqu'aux JO pour tenter d'améliorer mon classement mondial.


A.J.: Peut-on espérer des médailles à Tokyo pour le judo israélien ?

P.P. : C'est une question à un million de dollars. Mais je peux vous dire que tous les judokas vont tout donner sur le tapis pour représenter Israël avec honneur. Sur 9 médailles olympiques remportées par Israël,   5 l'ont été en judo. Et la 1ère médaille olympique jamais décernée à un Israélien l'a été au judoka Oren Smadja. Elle était en bronze et c'était aux JO de Barcelone en 1992 l'année où je suis né.  Oren Smadja qui est aujourd'hui mon entraîneur et qui m'a permis de décrocher à l'âge de 20 ans ma première médaille significative et de me hisser au rang de vice-champion d'Europe. D'ailleurs je profite de cette occasion pour le remercier pour son soutien ainsi que toute l'équipe qui l'accompagne. 


A.J.: Grâce à vous, pour la 1ère fois, l'Hatikva a retenti à Abu Dhabi en présence de Miri Regev, la ministre israélienne des Sports. Qu'avez-vous ressenti à ce moment historique ?

P.P. :C'était grandiose, très émouvant d'entendre l'hymne israélien dans un pays avec lequel Israël n'entretient pas de relations. Je suis heureux d'avoir gagné pour démontrer que le sport pouvait vaincre la politique. Les Abudhabiens ont été très chaleureux avec nous ils ont été aux petits soins notamment dans l'hôtel dont nous ne pouvions pas sortir pour des raisons évidentes de sécurité. Malgré ces difficultés, il était très important pour nous d'être là-bas, là où nous n'étions pas censés être en tant qu'Israéliens. Je me suis senti comme une sorte d'ambassadeur de mon pays. Après ma victoire Benjamin Netanyahou m'a téléphoné pour me féliciter pour ma victoire et pour celle d'avoir permis que l'Hatikvah soit jouée à Abu Dhabi et le drapeau bleu et blanc hissé. Et c'est après cette victoire que Laurent Lévy a tenu à me rencontrer et à m'apporter son soutien. 


A.J.: Une photo publiée par le judoka israélien Sagi Mouki a suscité beaucoup d'émotion. Celle où il donne l'accolade au judoka iranien Saied Mollaei. On s'en souvient, sous les pressions du régime de son pays ce dernier avait été contraint de simuler une blessure afin de perdre en demi-finale des championnats du monde en 2018 et ainsi ne pas avoir à affronter l'Israélien en finale. Qu'avez-vous ressenti ?

P.P. :Beaucoup d'émotion bien sûr. Il est beau de voir que ce qui est important est le sport et pas la politique. Nous sommes avant tout des êtres humains. Saeid est un ami, c'est un chic type et très courageux et nous avons de très bonnes relations. 


« Je me suis senti comme une sorte d'ambassadeur de mon pays »


A.J.: En tant qu'israélien et Juif, avez-vous été confronté à des comportements hostiles de la part d'autres judokas ?

P.P. : Oui, c'était en 2015 au Grand Slam de Bakou. J'ai combattu contre un Egyptien qui a d'ailleurs gagné. Je suis venu lui serrer la main et le féliciter. Mais il a refusé et m'a tourné le dos. J'espère le rencontrer une autre fois sur un tatami, lui montrer ce qu'est la sportivité et encore lui tendre une main de paix. En espérant qu'il la saisisse. 


A.J.: Quelle est aujourd'hui votre ambition ? Gagner à Tokyo ?

P.P. : J'exige toujours de moi-même de tout donner afin de me hisser sur la plus haute marche du podium. Quelle que soit la compétition. Et ainsi de faire retentir l'Hatikva et d'hisser le drapeau bleu et blanc quel que soit l'endroit du monde où je me trouve.

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