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26 Septembre 2020 | 8, Tishri 5781 | Mise à jour le 04/08/2020 à 22h39

Yom Kippour : 18h57 - 20h01

Rubrique Communauté

Covid-19

Bousculée, la vie communautaire adopte de nouveaux réflexes

(Flash90.)

L’agenda communautaire s’adapte aux mesures sanitaires imposées par le gouvernement et essuie de nombreuses annulations et reports d’événements. Des décisions dures à prendre mais prudentes qui ne seront pas sans conséquence, en particulier sur les collectes.

Résiliente, la communauté juive l’est et même si ce n’est pas de gaîté de coeur, c’est en conscience que ses associations suivent quasiment toutes les consignes sanitaires recommandées par le gouvernement en reportant leurs événements pour endiguer le risque de propagation du virus dans ses rassemblements. 

   Vendredi avant chabbat, un communiqué grave mais confiant a donné le ton. Signé du grand rabbin de France Haïm Korsia, du président du Consistoire Joël Mergui et du président de l’Association des médecins israélites de France Bruno Halioua, il demandait aux présidents de communautés et aux fidèles, de ne pas paniquer et d’adopter des gestes adaptés au contexte comme de ne plus embrasser les mezouzot et les livres de prière. 

   Mardi midi, les michté de Pourim ont presque tous été annulés comme dans les communautés de Levallois et Romainville. Idem pour les fêtes des enfants, mais sans pour autant que ces décisions ne soient mal perçues : les fidèles ont fait la fête autrement. 

Annulations encore pour Hadassah-France dont le gala prévu salle Gaveau le 2 avril a été reporté en juin et pour le Festival de cinéma israélien de Paris qui ne se tiendra pas du 16 au 24 mars mais du 22 au 30 juin. Par des newsletters, chaque association a fait savoir qu’elle ajournait ses activités, par exemple l’association Morial qui par la voix de son président Serge Dahan a expliqué que  « compte tenu de la situation sanitaire exceptionnelle que connaît notre pays, nous avons dû reporter, à regret, toutes les manifestations que nous avions programmées en mars ». 

Annoncé le 2 mars, le report du dîner du Crif en l’absence du président Macron envoyait le premier signal préoccupant d’un risque sur les rassemblements. Quelques jours plus tard, le FSJU reportait son dîner de gala du 8 mars censé ouvrir la collecte 2020 ainsi que d’autres événements comme la soirée « Réparer le monde » prévue le 23 mars au Théâtre des Variétés. Pour ne pas prendre de risque, « tout ce qui n’est pas indispensable est suspendu jusqu’au 31 mars », explique Richard Odier, le directeur du FSJU qui veille, par ailleurs, en sa qualité de tête de pont à « faire remonter de tous les côtés aux associations sociales et aux écoles juives les procédures du ministère de la Santé » avec lequel l’institution est en contact régulier. 

« Nous avons mis en place un plan d’action pour faire face à la situation et répondre aux nombreux appels que nous recevons, détaille Richard Odier. En même temps, nous travaillons sur un plan de continuation en prévision d’une phase endémique déclarée avec un partage des méthodes de travail avec d’autres institutions comme l’OSE ou la Fondation Casip-Cojasor sur ce qu’il faudra alors déployer en termes de mesures de personnel et d’organisation générale ».

A la fois ne pas nier l’angoisse qui est réelle tout en gardant le cap d’une activité « presque normale », c’est l’équation périlleuse à résoudre et si nul ne sait combien de temps la crise durera, la certitude qu’elle pèsera sur les collectes 2020 ne fait aucun doute. « Entre la chute des marchés boursiers et le report des soirées de collecte, c’est une préoccupation pour l’ensemble du secteur associatif dont les ressources reposent sur la générosité des donateurs privés », confie Richard Odier. Un problème après l’autre ? Non. Les besoins sociaux n’attendent pas, en particulier la préparation inévitable des campagnes de Pessah. 

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