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03 Décembre 2020 | 17, Kislev 5781 | Mise à jour le 04/08/2020 à 22h39

Rubrique Culture/Télé

Gérard Darmon : « Ce livre est un hymne à l’amour maternel »

(DR)

Gérard Darmon est fils et petit-fils de déportés disparus à Sobibor et Auschwitz. Après des études scientifiques, il a été Maître de Conférence de Biophysique en Faculté de Médecine à Paris. Il est également artiste-peintre, après avoir fréquenté l’Ecole des Beaux-Arts de Paris et l’Ecole des Arts Appliqués. Son premier roman intitulé « Nous chanterons encore » est une lettre ouverte à sa mère, la plus belle déclaration d’amour que peut espérer recevoir une mère. Rencontre…

Actualité Juive: Comment en êtes-vous venu à écrire ce roman ? 

Gérard Darmon : J’ai toujours été très attiré par l’art en générale, la peinture, la littérature et la poésie. Alors, le jour où les médecins nous ont appris que ma mère était malade et n’en avait plus pour longtemps, nous avons décidé de vivre ensemble chaque minute de la manière la plus belle qui soit. J’ai tout d’abord commencé à rédiger mon livre sous forme de journal intime, afin de ne perdre aucun moment qui filait à vue d’oeil. Des années merveilleuses ponctuées par l’art, la musique, la poésie, la peinture, et les défis. Je ne voulais rien perdre de tous cela et que rien ne s’échappe, le côté littéraire et poétique m’ont permis de le faire. Ce livre est composé comme un poème en prose, tel un chant que l’on fredonne et dont on se rappelle. Le chant permet de partager avec d’autres les moments d’espoir, ce livre est un hymne à l’amour maternel.


A.J: Vous parlez dans votre roman de votre relation très particulière à votre mère ?

G.D : Quand les médecins nous ont annoncé cette terrible nouvelle, nous devions trouver de l’espoir dans notre désespoir. Ma relation si particulière relève de toutes celles que nous avons eu à vivre. Mon père et mon grand-père ont été déportés par la gestapo, alors que je n’avais que 3 mois. Privé de mon père, ma mère m’a apporté un amour inconditionnel à chaque instant. Elle m’a donné sans compter. Au cours de sa maladie, j’ai profité d’échanges intenses avec elle nous faisant revivre les moments douloureux du passé. Nos liens et notre espoir se renforçaient chaque jour. Nous avions défié la maladie qui reculait alors que les médecins ne nous avaient donné que quelques semaines. Nous avons tenu deux ans. L’amour et l’espoir sont  le meilleur des remèdes. Ces deux années de sursis, nous les avons vécus avec intensité, créant ainsi encore et encore des souvenirs pour plus tard. Chaque jour de gagné était un pied-de-nez à la mort. Je n’ai pas voulu raconter de façon anecdotique ces deux années, mais plutôt commenter un parfum, faire sentir ses notes    à travers mes mots.

J’ai passé plus de 20 ans à réécrire, à retirer, rarement à rajouter des mots, pour être au plus juste de la bonne tonalité.


A.J.: Peut-on parler du miracle de l’amour comme vous l’évoquez ?

G.D : Oui, évidemment. C’est cet amour absolu entre nous qui a déjoué les pronostics des médecins, c’est un élixir de vie. L’amour est bien plus fort que la mort. Le premier traitement à toutes les maladies mais que l’on ne donne pas sur ordonnance, seulement sur ordre divin. J’étais prêt à tous pour ne pas perdre un seul instant avec ma mère. Je devais lui rendre à ma manière tout son amour jusqu’au dernier souffle en donnant de l’intensité et de  la lumière à chaque instant de notre vie et que l’on continue même après à chanter encore ensemble… 


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