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01 Novembre 2020 | 14, Heshvan 5781 | Mise à jour le 04/08/2020 à 22h39

Rubrique France/Politique

Claude Goasguen : « Israël est pour moi un combat permanent »

Claude Goasguen (DR)

Député LR de Paris et ami indéfectible d’Israël, Claude Goasguen soutient la liste « Engagés pour Paris avec Rachida Dati » que dirige Francis Szpiner dans le 16ème arrondissement. Il revient sur les enjeux de cette élection et détaille les mesures qu’il souhaite voir mises en place pour lutter contre l’antisémitisme.

Actualité Juive: Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à soutenir Francis Szpiner dans votre arrondissement ?

Claude Goasguen : Ce choix est l’aboutissement d’un long travail qu’il a fallu mener après la défaite de François Fillon aux présidentielles et celle de notre parti aux élections européennes. Étant député, je ne pouvais pas postuler au poste de maire, mais je cherchais quelqu’un qui soit susceptible de travailler avec moi main dans la main sur un certain nombre d’idées politiques dont les problèmes des droits de l’homme et l’antisémitisme. 

   Francis Szpiner est un homme de talent. C’est une voix. Une personnalité politique. Il sera le maire de cet arrondissement qui, par sa notoriété, a toujours été un arrondissement engagé dans les actions politiques fortes. 


A.J.: Deux autres listes de droite se présentent également et se réclament du courant LR. Celle de la maire sortante Danièle Giazzi et celle de la sénatrice Céline Boulay-Espéronnier. N’y a-t-il pas un risque d’éparpillement des voix au premier tour qui pourrait être fatal à la droite ?

C.G. : Ce risque est, je crois, assez faible. La campagne parisienne se fait sur des démarches beaucoup plus globales derrière Rachida Dati, Anne Hidalgo et Agnès Buzyn. Ces deux listes risquent de nous faire perdre quelques voix mais je suis optimiste car nous avons réussi à expliquer aux gens que s’ils voulaient voter pour les Républicains et Rachida Dati, ils devaient voter pour la liste Szpiner.


A.J.: La défense des valeurs républicaines représente-t-elle la priorité de votre liste ? 

C.G. : Je parlerais plutôt de défense républicaine et des droits de l’Homme et de la lutte contre l’antisémitisme. Seul un arrondissement comme le 16eme a pu mener des campagnes comme celles que nous avions menées en faveur de la libération de Guilad Shalit ou pour la défense des Chrétiens d’Orient. 

Quant à l’antisémitisme, je suis consterné de voir que désormais les propos antisémites meurtriers et même quotidiens font partie de Paris. Or, Paris ne doit pas devenir la capitale de l’antisémitisme mais, au contraire, la capitale de la lutte contre l’antisémitisme. 

Dans cet objectif, j’ai proposé à Rachida Dati la mise en place, dans chaque arrondissement, d’un référent qui aura pour fonction d’étudier les problèmes d’antisémitisme dans son arrondissement. Avec son équipe chargée d’analyser l’état d’esprit environnant, ce référent devra, chaque mois, établir un rapport sur la situation de l’antisémitisme. Cela permettra de lutter contre cet antisémitisme du quotidien qui consiste en des insultes, molestations, arrachage de kippa….Toutes ces choses qui sont insupportables et très graves. Ce référent sera aussi doté de moyens d’actions. Il aidera les gens à entamer leur procédure de dépôt de plainte et cela poussera les magistrats à agir. Il faut que Paris prenne désormais à bras le corps cette question de l’antisémitisme meurtrier. 

« Je suis très fier de cet engagement même s’il a pu m’apporter des critiques »


A.J.: Peu avant la crise sanitaire liée à l’épidémie de Coronavirus, le président Macron a prononcé son discours pour dénoncer le séparatisme islamiste. Qu’avez-vous pensé de ces déclarations ? 

C.G. : Depuis le dîner du Crif où l’on avait espéré qu’enfin, un président de la République allait s’attaquer de manière frontale à la question de l’antisémitisme et de l’antisionisme, je suis très déçu par Emmanuel Macron dont les déclarations ont finalement abouti à une résolution médiocre.

Quant à son discours, ce n’est pas du séparatisme dont il s’agit mais de la lutte contre l’islamisme. Mettre cela sous le nom du séparatisme est faire de la lexicologie. Je trouve que ce gouvernement est à l’égard de la question d’Israël, comme de la question de l’antisémitisme, d’une faiblesse quelquefois coupable. Je reproche notamment au président de la République de ne pas avoir effectué une visite officielle en Israël. Comme d’habitude, je suis en conflit avec le Quai d’Orsay…


A.J.: La défense d’Israël représente chez vous une constante.    Avez-vous le sentiment que votre position vous a lesté dans votre action politique ? 

C.G. : C’est sûr… Mais Israël est pour moi un combat permanent et après une longue carrière politique, il arrive que l’on se demande ce qu’on l’on a fait de bien. En la matière, je peux m’enorgueillir d’avoir essayé de corriger cette tâche que la France portait depuis les années de la Guerre. Je suis très fier de cet engagement, même s’il a pu m’apporter des critiques. La beauté de l’action juste compense bien les inconvénients.

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