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05 Juin 2020 | 13, Sivan 5780 | Mise à jour le 04/06/2020 à 16h26

Chabbat Nasso : 21h31 - 22h56

Rubrique Communauté

Marcel Jungerman survivant d'Auschwitz nous a quittés

C’est avec une profonde tristesse, que nous appris le décès survenu le 2 avril de Marcel Jungerman, né le 25 février 1925 à Wolfrom en Pologne, dans une famille de 8 enfants. En 1930, son père gagna la France avec son frère Léon, et sa mère les a rejoints plus tard. Sous l’occupation, après bien des péripéties et face aux menaces d’arrestations, les parents décidèrent de s’installer du côté de Nice. Mais là, ils furent assignés à résidence à Vésubie. Quant à Marcel, il participa avec Lucien Neuwirth, au sein du groupe Espoir, dirigé par Jean Nocher, à diverses actions de résistance (distributions de tracts, de journaux) jusqu’à son arrestation par les hommes de la division « Das Reich » qui le conduisirent à la prison de Borgo San Dalmasso, où il retrouva son frère Max, son épouse Hélène et leur fils Albert, âgé de 2 ans. Après une tentative d’évasion qui échoua, suivie d’interrogatoires violents, tous se retrouvèrent à Drancy, avant d’être déportés vers Auschwitz le 7 décembre 1943.


 A l’arrivée, seuls Marcel et son frère furent autorisés à pénétrer dans le camp. Hélène et le petit Albert furent désignés pour la chambre à gaz. Après avoir subi des épreuves innommables, Marcel participa aux « Marches de la Mort » en janvier 1945, jusqu’à Gleiwitz, puis de là, il rallia le camp de Dora dans des wagons découverts. La quarantaine achevée, il gagna ensuite Bergen Belsen, où il fut libéré par les Britanniques le 15 avril 1945. Marcel complètement épuisé fut soigné dans un hôpital à Lunebourg. Le 15 mai, il était rapatrié sur Paris. Le lendemain, il retrouva par bonheur sa mère et les siens, dont ses frères Max et Arthur quelques semaines plus tard.

Puis, Marcel s’est reconstruit peu à peu. En 1947, il épousa Thérèse Faradagka, fille de déporté, qu’il eût la douleur de perdre il y a un an.

 Une fille est née de cette union, et 3 petits enfants.

Marcel laissera le souvenir d’un homme modeste et vaillant qui n’eut de cesse de s’investir au service de la mémoire ; d’Israël ; et pour le bien être des siens En 2016, je l’avais pressenti pour témoigner à la Victoire lors de la cérémonie en hommage aux déportés. Il s’acquitta de cette mission avec cœur, comme à chaque fois notamment que Serge Klarsfeld le sollicitait, pour accompagner les jeunes de la région Rhône-Alpes à Auschwitz, ou lorsque Milo Adoner (qui nous a quittés il y a 5 semaines) l’invitait à allumer une bougie en la synagogue de la Place des Vosges.

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