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14 Juillet 2020 | 22, Tammuz 5780 | Mise à jour le 13/07/2020 à 16h14

Chabbat Matot-Masseï : 21h29 - 22h48

Rubrique Israël

Etat d'Israël contre Benjamin Netanyahu

C'est cette photo que le 1er ministre voulait à tout prix éviter. Mais les juges ont exigé sa présence (crédit : N12)

Pour la 1ère fois de l'histoire du pays, un 1er ministre en fonction est sur le banc des accusés. Pour les uns, un coup d'état juridique destiné à le faire tomber, pour les autres la victoire de la démocratie -personne en Israël n'est au-dessus de la Loi.

Après plusieurs années d'enquêtes, interrogatoires, audition de centaines de témoins en Israël et à l'étranger, manifestations anti-corruption à Tel-Aviv, le 17 novembre dernier, le procureur général Avichai Mendelblit annonce mettre en examen le 1er ministre dans trois affaires. Deux pour fraude et abus de confiance, la 1000 et la 2000. Et la troisième, la 3000, assortie du chef d'inculpation de corruption, le plus sérieux. C'est aujourd'hui que le procès du 1er ministre s'est ouvert au Tribunal de district de Jérusalem. Il avait été contraint d'y assister d'assister comme l'exige la Loi. C'est entouré de 5 gardes du corps et accompagné de plusieurs ministres et députés du Likoud que Netanyahu est arrivé au Tribunal. L'attendaient plusieurs centaines de partisans scandant :"Bibi le peuple est avec toi" ou brandissant des banderoles sur lesquelles on pouvait lire. "Procès Dreyfus n°2". Face à des manifestants anti-Bibi qui criaient « démocratie, démocratie ». « Je me présente à vous le dos droit et la tête haute », déclare le 1er ministre à son arrivée, dénonçant des accusations ridicules de corruption, abus de confiance et fraude et demandant que les audiences soient diffusées en direct à la télévision afin que "le public puisse tout entendre directement sans que les choses soient filtrées par des journalistes à la solde du procureur général". Les juges ont demandé aux avocats de Netanyahu si leur client avait pris connaissance de l'acte d'accusation et l'avait compris. Le 1er ministre a confirmé. La prochaine audience est fixée au 19 juillet sans que Netanyahu soit obligé de comparaître. La prochaine audience qui l'exigera ne devrait pas intervenir avant un an.

Le procès devrait durer autour de 3 ans

Le procureur de l'état devrait exiger que les audiences aient lieu quatre jours par semaine pour aller plus vite alors que les avocats du 1er ministre ne demanderont qu'un jour par semaine au motif que le 1er ministre est occupé avec à gérer les affaires du pays. Sans compter qu'il faudra du temps pour entendre les 333 témoins cités dans les diverses affaires. Netanyahu risque une peine de trois ans de prison pour chacun des deux chefs d’inculpation de fraude et d’abus de confiance et jusqu’à dix ans de détention pour le chef de corruption. Un accord de plaider-coupable est toujours possible bien que Netanyahu ait toujours affirmé le contraire. "Pas question ! ce serait s'avouer coupable". Cependant au fur et à mesure des plaidoiries et de l'audition des témoins, ses avocats pourraient tenter de le convaincre notamment s'ils estiment que les choses ne tournent pas à l'avantage de leur client. 

 

 

 

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