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15 Juillet 2020 | 23, Tammuz 5780 | Mise à jour le 13/07/2020 à 16h14

Chabbat Matot-Masseï : 21h29 - 22h48

Rubrique Israël

Yigal Palmor : « Si l'engouement pour l'Alyah perdure, Israël pourrait accueillir en 3 ans et ce depuis l'année prochaine, 100.000 nouveaux immigrants »

Crédit : Nir kafri/Agence Juive

Pour Josh Schwarcz, secrétaire général de l'Agence juive, on peut s'attendre à l'arrivée en 2021 de 50.000 nouveaux immigrants du monde entier. Près du double de la moyenne de ces dernières années. Quant à Pnina Tamano-Shata la ministre israélienne de l'Alyah et de l'intégration, elle est encore plus optimiste et table sur 90.000 olim d'ici la fin de l'année prochaine. Si effectivement les piles de demandes d'alyah ne cessent d'augmenter, ces chiffres ne sont, pour l'heure, que des spéculations. Pour faire le tri entre réalité et prévisions, Actualité Juive a rencontré Yigal Palmor, directeur des Relations Internationales de l'Agence Juive.

Actualité Juive : Où en est-on de l'Alya 2020 ?

Yigal Palmor : C'est une année perdue pour l'alyah à cause de la crise sanitaire. Entre autres raisons objectives, transports aériens paralysés et frontières fermées aux personnes non-détentrices d'un passeport israélien. On constate pour la période de janvier à mai une baisse de 45% des chiffres de l'alyah par rapport à la même époque l'année dernière. Pour la France, cette baisse est de 43%. De nombreux Juifs de France qui devaient monter en Israël ont préféréattendre que la crise s'éloigne. Seuls quelques centaines d'olim sont arrivés au cours des deux premiers mois de l'année. Même si la situation se normalise d'ici juillet ou aout, il faudra du temps pour rattraper le retard. Il est évident que l'on ne terminera pas l'année avec un nombre d'olim semblable à celui de l'année dernière. Ils étaient 34000 en 2019 dont 2408 depuis la France.


A.J.: Il semble qu'il y ait un intérêt très conséquent pour l'alyah. L'influence de la crise sanitaire ?

Y.P. : On enregistre une hausse de 70% d'ouvertures de dossiers en France. Ce qui ne veut pas dire que toutes les demandes aboutiront à une alyah effective. Nous ne demandons bien sûr pas aux candidats à l'alyah quelles sont leur motivation. Mais nous pouvons imager que l'efficacité de la gestion de la crise sanitaire en Israël et le taux relativement faible de contamination et de létalité liés au Covid-19 par rapport aux pays européens ont impressionné la communauté juive. On constate aussi l'intérêt grandissant d'israéliens expatriésà revenir en Israël. 


A.J.: Une autre motivation ne serait-elle pas de posséder un passeport israélien au cas où ?

Y.P. : Tout à fait. C'est un phénomène que l'on constate en France et en Italie et dans d'autres communautés juives. Les Juifs veulent pouvoir entrer en Israël en cas de menace ce qu'ils ne peuvent pas faire en ces temps de pandémie s'ils ne sont pas israéliens.Ce passeport serait en fait une sorte   de laissez-passer non motivé par un réel désir de s'installer de façon permanente en Israël. Mais juste, en effet, au cas où…


« On enregistre une hausse de 70% d'ouvertures de dossiers en France. »


A.J.: En étant réaliste, combien de nouveaux immigrants pourraient arriver en Israël dans un proche avenir ?

Y.P. : Si l'engouement actuel pour l'alyah se traduit par une alyah avérée, alors nous devrions accueillir 10% de plus d'olim en 2021 qu'en 2019. Soit environ 37000. Et si la tendance perdure au-delà, alors en trois ans, ce sont 100.000 nouveaux immigrants qui pourraient monter en Israël. 


A.J.: Comment l'Agence Juive s'implique-t-elle auprès des communautés économiquement affaiblies 

par la pandémie ?

Y.P. : Dans certaines communautés il y avait un risque d'écroulement total. Avec le confinement, aucun revenu n'a étéengrangé et par manque detrésorerie, de nombreuses communautés ou institutions ont été dans l'impossibilité de payer les loyers, les salaires ou d'assurer un minimum d'activités notamment sociales. L'Agence Juive s'est donc mobiliséeen proposant des prêts sans intérêt. Le temps de sortir de la crise. Déjà plusieurs millions de $ ont été distribués. Même la communauté juive indonésienne nous a sollicité. D'autre part, l'Agence Juive a accompagné les olims arrivés en Israël juste avant la propagation du virus ou au début de lapandémie. Un call center en 4 langues, dont le français, a été mis en place afin que les nouveaux immigrants puissent comprendre les consignes, apprendre à communiquer par zoom ou encore déposer certaines demandes administratives en ligne. 

De plus, prochainement, une plateforme numérique sera proposée aux communautés juives du monde entier afin qu'elles puissent s'inspirer de l'expérience des israéliens en matière de résilience en période de crise et de solidarité communautaire. Des domaines où Israël, habitué à faire régulièrement face à diverses menaces sécuritaires, excelle.

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