Le rabbin Daniel Gottlieb n’est plus

Mardi 23 février, le rabbin Daniel Gottlieb s’est éteint en Israël. Il avait 70 ans. Son décès plonge la communauté Ohel Avraham de la rue Montevideo qu’il dirigea pendant trente-cinq ans, dans une très grande tristesse.
En septembre 2009, lors de l’inhumation d’Emerich Deutsch, le rabbin Daniel Gottlieb a pris la parole pour évoquer le disparu. «Il avait le don pour traduire ce que chacun ressentait dans le deuil», explique Haïm Korsia, présent ce jour. Difficile donc aujourd’hui de parler de celui qui savait si bien «porter le sentiment de tous».
Daniel Gottlieb, diplômé du Séminaire israélite en 1965, est issu d’une longue lignée de rabbins qui remonte au XVIIe siècle. Il n’est qu’un enfant quand son père, Noé Gottlieb, secrétaire général de l’Alliance Israélite Universelle, meurt brutalement. Une douleur qui marquera à jamais son destin. L’orphelin - qui se révélera être un «père formidable avec ses enfants» pour Jeanine Riveline, une amie d’enfance - passe tous ses étés chez son grand-père Max Guggenheim, préparant ainsi sa vocation.
Après des études de physique, il intègre le séminaire israélite avec son cousin germain, Alexis Blum, qui deviendra Grand Rabbin de Neuilly-sur-Seine. Après une année d’étude à la Yeshiva du Rav Cook, Daniel Gottlieb rentre en France et devient le rabbin de la communauté Ohel Avraham de la rue Montevideo dans le 16ème arrondissement de Paris. Communauté qu’il dirigea pendant trente-cinq ans.
« C’était un homme d’une grande science et d’une grande érudition », se souvient le professeur Claude Riveline, fidèle de la communauté. Un autre fidèle, Georges Amaraggi, loue «sa grande douceur et son écoute». Le rabbin Haïm Korsia, qui fréquenta les lieux, enfant, garde en mémoire «un puits de science autant versé dans les Ecritures saintes que la culture générale». Pour le Grand Rabbin René-Samuel Sirat, qui l’eut comme secrétaire particulier, le rabbin Gottlieb «savait enseigner».
Les deux hommes se rencontrent quelques années auparavant sur les bancs de la faculté de Strasbourg et font partie de la première promotion de la licence d’hébreu mise en place par André Néher. Spécialiste et amoureux du judaïsme alsacien, celui que Claude Riveline définit comme un authentique rabbin français «possédait un grand humour», raconte son cousin Alexis Blum qui précise : «Il était pieux, mais il détestait les hamoths, les exagérations».




