Les olim de juillet bénis à la synagogue Nazareth

Depuis 2006, le grand départ de juillet organisé par l’Agence juive s’accompagne d’une bénédiction religieuse dans une synagogue. Cette année n’a pas failli à la tradition, même si du point de vue de la forme, elle s’en est légèrement démarquée.
Accueillis par des drapeaux israéliens et des roses bleues et blanches, les nouveaux immigrants venus nombreux mercredi 21 juillet l’étaient aussi par des représentants du ministère de l’Intérieur. Une entrée en matière efficace et solennelle à la fois organisée par l’Agence juive pour alléger les démarches administratives des olim et leur permettre de recevoir leur carte d’identité dès le lendemain de leur arrivée en Terre sainte.
Cette année, les Juifs de France ont été 20 % de plus à faire leur Alyah, mais sur ces vols précis de l’été - des vols groupés Tapis Rouge - ils sont cinq cents dont 70 % ont moins de 40 ans. Mercredi 21 juillet, un coup d’œil sur les bancs de la synagogue Nazareth suffisait pour s’apercevoir – et même s’étonner – du nombre aussi important de familles avec enfants et de jeunes adultes. « Il faut se réjouir de l’engouement pour l’Alyah toujours plus fort dans la communauté juive de France, notamment grâce à nos programmes sur-mesure et nos efforts dans l’éducation juive », explique Oren Tolédano, dont le discours a ouvert la cérémonie. Le co-directeur de l’Agence juive avec Daniel Benhaïm en charge de l’Alyah s’est exprimé au rythme d’un clip-vidéo inédit dans une enceinte synagogale qui a retracé l’épopée du sionisme et la construction de l’Etat hébreu. Face aux olim émus et impatients de découvrir ce qu’on leur avait réservé, les responsables communautaires se sont succédé à la Teba, donnant tout son sens à cette cérémonie unitaire, instaurée par l’Agence juive, AMI et le Consistoire de Paris en juillet 2006. Plus qu’une bénédiction religieuse, cette cérémonie marque en effet un tournant dans la façon d’appréhender l’Alyah. Une Alyah plus légitime et plus décomplexée. Une responsabilité collective dont les responsables communautaires ont beaucoup parlé ce soir-là, comme ils ont également rappelé aux olim de ne pas oublier leurs origines françaises en Israël.
C’est ainsi que le rabbin Berdugo, qui représentait le grand rabbin de Paris David Messas a exprimé toute sa « joie » et son « admiration » d’être auprès des olim. « Quelle chance et surtout quel mérite : votre foi est d’une sincérité exemplaire. Soyez les ambassadeurs de ce judaïsme français qui vous a amenés à progresser dans votre quête spirituelle qui ne peut que se réaliser en Israël », a ajouté l’homme dont les interprétations vocales ont fait frissonner la synagogue.
Le président du Consistoire de Paris, Joël Mergui a, quant à lui, rappelé que les destins personnels qui avaient amené les olim à choisir Israël se confondaient dans un destin collectif. « Nous partageons avec beaucoup de force la décision fondamentale qui est la vôtre. Vous apporterez votre contribution à l’âme d’Israël comme le judaïsme français apporte la sienne à l’Etat d’Israël. Nous qui restons là, nous sommes fiers de vous et de ce que vous faites. Ne négligez pas qui vous êtes et restez-le », a-t-il indiqué.
Comme un leitmotiv, Gil Taïeb, le président d’AMI a aussi fait savoir son admiration pour ces olim qui ont choisi d’être « des Français en Israël plutôt que des juifs en France » et de rappeler que malgré ce « cap tellement important dans votre vie et dans celle de la communauté, n’oubliez pas que derrière vous, vous laissez un pays, la France, qui vous a enseigné des valeurs ».
Plus qu’un pays, c’est une fille de 22 ans que laissera Fabienne, 45 ans, qui a représenté les olim ce soir-là en racontant avec l’élégance de la simplicité les raisons qui l’ont conduite avec sa famille à vouloir s’installer en Israël. Un témoignage poignant qui a laissé l’assistance bien affectée par autant de sincérité. Ainsi le grand rabbin de France Gilles Bernheim a-t-il même changé totalement son discours pour réagir de façon improvisée à ce qu’il venait d’entendre et qui l’avait manifestement bouleversé.
Louant l’honnêteté et la transparence des propos de la mère de famille, le grand rabbin a salué la force de son message de pouvoir dire à la fois le rêve et la réalité. A ce moment fort s’est ajouté celui de la bénédiction des enfants, puis de la remise du parchemin où sont inscrits les noms des cinq cents olim de France à Sammy Ravel, ministre plénipotentiaire auprès de l’Ambassade d’Israël. Une remise solennelle, pleine de promesses et d’espérance.


