Default profile photo

25 Juin 2019 | 22, Sivan 5779 | Mise à jour le 24/06/2019 à 14h53

Israël

Avec le Hamas, tout compromis ne peut être qu'un aveu de faiblesse

Partagez sur
Alors que la guerre contre le Hamas et le Djihad islamique a dépassé les 45 jours, il s’agit de ne pas se payer de mots. Quelle que soit la dureté des pertes infligées à ces deux engeances, le résultat final n’est guère concluant, puisqu’elles conservent une capacité offensive réelle. Tous ces derniers jours le sud d’Israël mais aussi la région de Tel Aviv et de Jérusalem se sont trouvés sous le feu des missiles tirés du sud de la bande de Gaza. Et pourtant des chefs opérationnels importants ont été mis hors d’état de nuire, et il n’est pas de jour ni de nuit qui ne voient de nouvelles interventions destructrices, notamment de l’armée de l’air d’Israël.

Le risque est grand alors que cette guerre, dans laquelle est engagée une des armées les plus puissantes de la région, ne soit réduite à un pugilat interminable, avec des miliciens rusés, qui ne respectent rien  ni personne, mais qui savent se prévaloir des droits de l’Homme à titre de bouclier médiatique. Aussi la question doit- elle être posée: laquelle des deux lignes politiques et stratégiques était la plus pertinente : celle représentée, pour faire court, par Netanyahou et Ya’alon d’une part, ou bien celle représentée par Lieberman et Bennett d’autre part ?  


Pas d'autre alternative que de gagner la guerre 

Bien loin des centres de décision, on se gardera de toute opinion définitive, mais force est de constater que la phase terrestre de l’opération a été engagée une fois qu’Avigdor Lieberman a décidé de retirer son parti de l’actuelle coalition gouvernementale. A n’en pas douter, les choix stratégiques ne sont pas déterminés en ces domaines par pure dilection personnelle et l’on a constaté dès les premiers jours de l’affrontement les dures et ubiquitaires pressions internationales auxquelles le gouvernement Netanyahou a fait face. Raison de plus dira-t-on, car ces pressions ne sont pas inhérentes au conflit proprement dit, mais à la place inexpugnable qu’occupent la Ligue arabe et la Conférence islamique mondiale à l’ONU et dans d’autres instances.

Au terme de ces 45 jours, il apparaît que le Hamas et le Djihad islamique sont toujours en mesure de terroriser une grande partie de la population civile d’Israël, de défier son gouvernement et de narguer ses forces, ce qui suffit amplement à leur conférer le statut de héros pour la « rue arabe ». Nul ne peut prendre la décision de faire la guerre comme l’on s’en va en famille pour une partie de campagne.  Pourtant, une fois cette décision prise, il n’est d’autre alternative que de la gagner. En Irak et en Afghanistan les forces britanniques ou américaines ont causé dix fois plus de victimes civiles que l’armée israélienne à Gaza. En fera-t-on quelque mérite à cette dernière ?  Certainement pas. Par suite, une fois les tunnels détruits pour la plupart, convenait–il de faire rétrograder les forces terrestres jusque là engagées, tandis que du sud de Gaza les salves de missiles demeuraient  incessantes ?

Connaître son ennemi

En l’occurrence, il faut prendre conscience du type d’ennemi que l’on doit affronter. Le Hamas et le Djihad islamique ne veulent aucun compromis avec l’Etat d’Israël. Ils en recherchent obstinément la destruction. Tout compromis leur est aveu de faiblesse, toute concession, acceptée en vertu de la paix, une victoire à exploiter, comme on l’a vu naguère avec Ehud Barak lors du retrait des forces d’Israël du Sud-Liban.

Un membre éminent du Fatah a même comparé le Hamas et le Djihad – qui porte bien son nom – à l’Etat islamique du « Calife » El Baghdadi. On voit comment celui–ci procède, sans pitié, sans foi ni loi. Le droit international n’existe pas à ses yeux. Tous les territoires qui tombent sous sa coupe deviennent sa propriété privée et le butin de ses combattants, faisant revivre les temps originels des conquêtes islamiques. Les populations qui ont le malheur de s’y trouver encore deviennent des populations de proie, surtout les femmes transformées en prostituées « légales ». Les opposants n’ont le choix qu’entre la conversation ou la décapitation lorsque ce n’est pas la crucifixion ou l’enterrement vivant.


A Gaza ce sont des éléments de cette nébuleuse qui sont à la manœuvre et c’est pourquoi la population locale, pourtant favorable à une trêve pour plus de 80 % d’entre elle ne peut l’obtenir. Il faut également poser la question du Qatar, cet émirat-champignon, devenu indépendant en 1971, s’avère mortellement vénéneux. Ses revenus disproportionnés lui permettent de pratiquer toutes les formes de concussions politiques et diplomatiques imaginables et l’on sait quelles sommes colossales il investit à Gaza contre l’Etat d’Israël, ce qui le situe en position de belligérance inavouée mais effective vis-à- vis de ce dernier. Et s’il fallait là encore ne pas trop tarder pour en tirer les conséquences ? 
Partagez sur
Réagir

Aucun commentaire pour l'article "Avec le Hamas, tout compromis ne peut être qu'un aveu de faiblesse"

Powered by Edreams Factory