
Ce qui frappe de prime abord, c'est la beauté du lieu, avec les couleurs de la mer Morte et de ses rives allant du bleu turquoise, virant parfois au marine, au mauve bleuté des montagnes sur la rive jordanienne, vue de la rive israélienne, couleurs qui foncent à mesure que s'installe la nuit, en passant par le blanc des agrégats de sel. Puis il y a la douceur de l'air, la chaleur des rayons du soleil rendus inoffensifs grâce à la profondeur de la faille syro-africaine où elle se niche à 423 mètres au-dessous du niveau de la mer, en faisant un paradis du bronzage naturel. Il y a le plaisir de flotter à sa surface sans faire le moindre effort en raison de son taux de sel de plus de 30 %.
Et il y a tout ce qui ne se voit pas, à commencer par les bienfaits de ce qu'elle contient : 24 types de sels utilisés dans l'industrie et de sels et minéraux aux propriétés médicales reconnues, utilisés dans le traitement de maladies de peau et la fabrication de cosmétiques. On en trouve également dans la boue de la mer Morte qui se fait soin ludique lorsque l'on s'en enduit. Il y a aussi 6% supplémentaires d'oxygène et de magnésium dans son air non pollué, lui conférant des propriétés curatives.
Des sources minérales coulent dans les wadis qui l'entourent, permettant à une végétation luxuriante de s'y développer, abritant une faune qui y prospère. Ces conditions propices ont favorisé la construction de spas et beaux hôtels sur ses rives. Des pages d'histoire se sont écrites dans la région : c'est dans la partie sud de la mer Morte qu'Abraham sauva son neveu Lot lorsque les villes de Sodome et Gomorrhe subirent la colère divine et furent détruites. Et c'est dans la région que se réfugia le roi David pour échapper au courroux de Saul. La forteresse de Massada surplombe la mer, offrant un panorama magique aux visiteurs. Dans des grottes de la région vécurent les Esséniens qui rédigèrent les célèbres Manuscrits de la mer Morte et les y cachèrent.
Être élu parmi les 7 Merveilles Naturelles du Monde, voire parmi les 14 premières, cela se traduira par des retombées des plus bénéfiques sur le plan touristique et donc économique et social. En effet, plus de visiteurs dans la région, cela signifie plus d'emplois pour les habitants du Néguev, des revenus du tourisme plus importants et un meilleur développement. Il est d'ailleurs à noter que la candidature de la mer Morte a été présentée à la fois par Israël, la Jordanie et l'Autorité palestinienne dans une unité rare.
Énormes retombées bénéfiques en termes d'image aussi pour Israël où le tourisme est très développé car cette candidature a fait connaître un visage du pays totalement méconnu. En mai 2011 le gouvernement israélien approuvait d'ailleurs le soutien de la candidature de la mer Morte présenté par le Premier ministre et le ministre du Tourisme israéliens. Deux millions et demi de dollars étaient alloués pour une campagne menée en Israël même mais surtout de par le monde, par le biais de 11 offices de Tourisme, dans des salons consacrés au tourisme, ou grâce à la création de sites Internet en 8 langues et l'utilisation de tous les réseaux sociaux disponibles.
Et la mer Morte a été mise en vedette. Comme avec le danseur et chorégraphe israélien, Ido Tadmor qui « dansa sur l'eau » ou avec le Projet pour la mer Morte, réalisé le 17 septembre 2011 par l'artiste Spencer Tunick, connu depuis 1992 pour ses installations de nus. Au petit matin, il photographiait de loin 1000 personnes flottant près d'une plage de la mer Morte et publiait la première photo en octobre. Son propos était aussi d'attirer l'attention sur les problèmes bien réels de la mer dont le niveau d'eau a beaucoup baissé. Pour deux raisons : d'une part une baisse drastique du volume d'eau du Jourdain qui l'alimente car son eau est de plus en plus utilisée comme eau de boisson par les populations de la région ; d'autre part une entreprise installée sur sa partie sud, Dead Sea Works, fait évaporer son eau pour en extraire les minéraux, ce qui provoque une déperdition de 20 %. Ses riverains espèrent aujourd'hui que tout sera réellement mis en œuvre pour enrayer cette tendance et préserver ce qui reste un trésor naturel pour Israël. |