Nice :
La communauté se recueille

Le dimanche 18 juillet 2010 à 11 heures, sur le quai n°1 de la gare centrale, on a célébré comme chaque année la « Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'Etat français et d'hommage aux Justes de France » devant une nombreuse assistance.
Zoé, âgée de onze ans, élève de l’école Sasserno et représentant le Gan Israël, a lu un texte d’Ida Grinspan racontant son arrestation. Eric-Simon Hanoune représentant le président du CRIF Sud-Est Alain Belhassen a pris la parole. Il a mis l’accent sur le choix des citoyens français de l’époque : ceux qui ont collaboré avec l’occupant nazi et ceux qui se sont illustrés par des actes de résistance, à l’instar de nombreux Justes, comme Oscar Schindler. Martine Ouaknine, adjointe au ministre-maire de Nice Christian Estrosi a déclaré : « Il est de notre devoir de faire de la mémoire un rempart contre la folie des hommes.
Il est de notre devoir de nous dresser avec force et détermination contre cette violence exprimée au nom de préjugés pernicieux ou de prétextes qui conduisent à des actes de violence de plus en plus inexplicables. Une violence que nous ne devons pas craindre de sanctionner, pour conserver à nos valeurs un contenu, un sens.
Je ne peux terminer mon propos sans appeler de nos vœux, la libération de nos trois otages : le jeune Franco-Israélien Guilad Shalit et nos journalistes Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière. » Martine Ouaknine a également rappelé « les voyages de la mémoire » organisés régulièrement par le Conseil Général avec le soutien du CRIF. Elle a aussi rendu hommage à Elie Wiesel et à sa sœur, Ida Kudler, récemment disparue, sans oublier Anna Traub, qui échappa miraculeusement à la rafle et qui était présente à cette manifestation.
Christophe Fasille, sous-préfet, chargé des politiques sociales auprès du préfet Francis Lamy, a qualifié la collaboration de « temps de la honte ». « Des lois scélérates furent édictées. On pourchassa les juifs, les tziganes, les homosexuels… » . Il a précisé que la Rafle du Vel d‘Hiv fut la plus importante par le nombre de victimes. Sur les 75000 juifs déportés de France, 13000 l’ont été après cette rafle.
On procéda ensuite au dépôt de gerbes au nom des Anciens Combattants Juifs, du CRIF, du Consistoire, des Conseils Général et Régional, de la Ville de Nice et de la Préfecture. D’anciens déportés et enfants cachés allumèrent six bougies à la mémoire des six millions de juifs assassinés par la barbarie nazie. Le rabbin Itshak Martiano récita les prières d’usage et le kaddich. Après la Sonnerie aux Morts, la cérémonie s’acheva aux accents de la Marseillaise.


