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16 Mai 2021 | 5, Sivan 5781 | Mise à jour le 04/08/2020 à 22h39

Rubrique Culture/Télé

Alain Kleinmann : « Une vision assez complète de mon travail à cette étape de ma vie »

Le Loft du Marais accueille une exposition qui fera date : une « Rétrospective » des œuvres d’Alain Kleinmann, un artiste que l’on ne présente plus. Les différentes techniques artistiques qu’il a développées et adoptées sont présentées, dévoilant ainsi l’évolution de la recherche sur la mémoire qui fait partie intrinsèque de son travail. (1)

Actualité Juive : Une exposition de vos œuvres est actuellement organisée au Loft du Marais qui s’intitule « Rétrospective ». Quelle est sa particularité en regard des précédentes proposées en France ?

Alain Kleinmann : Le lieu qui accueille cette exposition est très exceptionnel : un espace de 1000 m2 au cœur du Marais avec 5 mètres sous plafond. C’est une chance pour un peintre de pouvoir investir un tel espace, et cela m’a permis de réaliser une sorte de rétrospective, de montrer les différentes techniques que j’utilise, aussi bien sur des papiers, des objets, des sculptures, des toiles ou des matériaux. Il y a ainsi plus de 160 œuvres présentées, ce qui est très rare pour moi, excepté lors de certaines expositions dans de grands musées internationaux.

A.J. : Pourquoi proposer aujourd’hui une rétrospective des étapes de votre travail à Paris ?

A.K. : D’abord, le lieu même permettait de montrer un large éventail d’œuvres à la différence d’autres expositions dans des galeries de taille plus « habituelle ». Par ailleurs, ce n’est pas tant une rétrospective chronologique que du point de vue des matériaux utilisés. Pour moi, ce serait plus une sorte de diagonale tracée entre les différentes techniques qu’un point définitif sur mon parcours.

A.J. : Pouvez-vous nous parler de l’agencement de l’exposition dont le parcours suit l’évolution de vos différentes techniques ?

A.K. : Cela va de techniques plus traditionnelles (huiles sur toiles et matériaux) jusqu’aux pièces les plus récentes comme des installations dont j’avais présenté certaines dans des musées à Cuba ou en Argentine. Il y a également des travaux sur papier, des objets retravaillés, des sculptures, des bronzes…il y a même une salle de projection d’un film sur une pièce de théâtre qui a eu lieu en ce moment à Cuba sur mon travail. C’est donc une vision assez complète  sur mon travail actuel…

A.J. : Une des installations présente une machine à coudre, une surjeteuse de fourreur, est-ce un clin d’œil à la profession de votre père ?

A.K. : Mon père, comme son frère et leur propre père, était effectivement fourreur. Cette machine est un objet symbolique et familial qui me tient particulièrement à cœur. Comme vous l’avez vu dans mes installations, le temps semble se figer et les papiers volants se retrouvent fixés dans leur état d’instabilité. Il y a comme une patine, une impression de moisissure et de poussière qui enveloppe tous ces objets, comme si tout un monde se retrouvait d’un seul coup fossilisé.

A.J. : Vous avez souligné précédemment l’existence d’une salle de projection qui est conçue comme une installation. Quelle était la démarche de cette œuvre ?

A.K. : Il y a un an environ a eu lieu à Cuba un événement très émouvant pour moi. Le groupe théâtral Aldaba et sa directrice Irène Borges ont travaillé pendant des mois sur mes images et mes textes pour créer une pièce de théâtre qui s’appelle «  La peinture et autres lieux ». Les toiles y semblent s’incarner et prendre toute l’envergure de la scène. Il se trouve aussi que c’est l’un des succès de l’année à La Havane et que la pièce se joue à guichet fermé dans les plus grands théâtres de Cuba. Il y aura même une tournée européenne de cette pièce. Ce qui s’est  produit est magique. Un très beau livre (contenant également le DVD du spectacle) a aussi été édité. Je voulais que le public parisien puisse avoir une idée du spectacle, mais pas sous la forme première d’une salle de cinéma à l’intérieur de mon exposition. Donc j’ai imaginé un dispositif visuel à base de sculptures et d’écrans de tulle superposés qui transforme cette projection en « installation ».

A.J. : Où nos lecteurs peuvent-ils se procurer le DVD de la pièce ?

A.K. : Il est en vente à l’exposition, dans un livre qui englobe aussi toute la préparation du spectacle.

A.J. : Nos lecteurs vous connaissent bien puisque sont chroniquées régulièrement vos différentes expositions se déroulant à Paris et en province. Celle-ci n’était-elle pas la plus importante jamais organisée dans l’Hexagone ?

A.K. : Merci de l’écho que vous avez toujours donné à mon travail. Cette exposition est en effet sûrement la plus complète en nombre d’œuvres exposées, qui ait eu lieu à Paris. J’ai repris des œuvres de plusieurs galeries et de marchands d’art, qui après vont de nouveau se disperser.

A.J. : En venant à cette exposition, est-ce que l’on saura tout de vos techniques de travail ?

A.K. : Je ne sais pas mais je peux simplement dire que le visiteur aura une vision assez complète de mon travail à cette étape de ma vie. 
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